Dom juan vu par un contemporain(pont de vu de dom juan par un contemporain)

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 4 (763 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 15 juin 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Dom Juan vu par un contemporain Un Athée qui réduit toute la Foi à deux et deux sont quatre, et quatre et quatre son huit : un Extravagant qui raisonne grotesquement de Dieu, et qui par une chuteaffectée casse le nez à ses arguments : un Valet infâme fait au badinage de son Maître, dont toute la créance aboutit au Moine-Bouru : car pourvu que l’on croie le Moine-Bouru, tout va bien, le resten’est que Bagatelle ; un Démon qui se mêle dans toutes les Scènes, et qui répand sur le Théâtre les plus noires fumées de l’Enfer : et enfin un Molière pire que tout cela, habillé en Sganarelle, qui semoque de Dieu et du Diable ; qui joue le Ciel et l’Enfer, qui souffle le chaud et le froid, qui confond la vertu et le vice : qui croit et ne croit pas, qui pleure et qui rit, qui reprend et quiapprouve, qui est Censeur et Athée, qui est hypocrite et libertin, qui est homme et démon tout ensemble : un Diable incarné, comme lui-même se définit. Et cet homme de bien appelle cela corriger les mœurs,des hommes en les divertissant, donner des exemples de vertu à la jeunesse, réprimer galamment les vices de son siècle, traiter sérieusement les choses saintes ; et couvre cette belle morale d’un feu decartes, et d’un foudre imaginaire, et aussi ridicule que celui de Jupiter ; et qui bien loin de donner de la crainte aux hommes, ne pouvait pas chasser une mouche ni faire peur à une souris : eneffet, ce prétendu foudre apprête un nouveau sujet de risée aux Spectateurs, et n’est qu’une occasion à Molière pour braver en dernier ressort la Justice du Ciel, avec une âme de Valet intéressée, encriant mes gages, mes gages : car voilà le dénouement de la Farce : ce sont les beaux et généreux mouvements qui mettent fin à cette galante Pièce, et je ne vois pas en tout cela, où est l’esprit ?puisqu’il avoue lui-même qu’il n’est rien plus facile que de se guinder sur des grands sentiments, de dire des injures aux Dieux, et de cracher contre le Ciel. Observations sur une comédie de Molière,...
tracking img