Don juan

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  • Publié le : 23 mai 2010
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Quelques éléments de réflexion sur les sujets de colle

L’aveu

Attention à bien distinguer les sujets 2, « L’aveu », des sujets 1 : « L’aveu dans une œuvre de votre choix » ou « Une scène d’aveu de votre choix ». Ce dernier sujet présente une différence à cause du mot « scène » qu’il convient d’interroger. La scène doit être définie en intro : il s’agit soit s’une notion théâtrale soitdu traitement narratif que Genette (Figures III) appelle « scène » : la vitesse de l’histoire et celle du récit sont identiques).
Comme pour tout sujet de type 1, la notion doit être problématisée pour elle-même et au sein de l’œuvre choisie. « Avouer » provient de « advocare » : appeler vers, recourir à. Le verbe comprend donc à l’origine la notion d’un lien établi avec quelqu’un ouquelque chose, et ce par le biais de la « voix », vocare. L’aveu comprend ainsi la dimension d’un acte de langage, qui s’adresse à quelqu’un.

Rappel : Les actes de langages ont été étudiés par la pragmatique d’Austin, distinguant l’acte locutoire (émission de la parole), perlocutoire (effets produits par les paroles) et illocutoire (rapport instauré entre le locuteur et le destinataire).Un acte de langage articule un dire et un faire. Quels sont-ils dans l’aveu ? L’aveu établit un lien entre un dire présent et un faire passé. Mais ce faire passé n’est pas n’importe quoi : l’acte a nécessairement un poids particulier qui impose de la garder secret, il a plus ou moins la portée d’une infraction à un code de valeur qui est celui du destinataire, et parfois aussi celui dulocuteur de l’aveu. Influencé par l’optique chrétienne, et voisinant ainsi parfois avec la confession (dont les limites avec l’aveu pourront être explorées en fonction de l’œuvre choisie), l’aveu tend vers un espoir : que le dire présent réparera le faire passé. Le but est donc de mettre en lumière un faire demeuré secret, comme si ce secret était finalement plus grave que l’acte lui-même. Il faudra sedemander si l’aveu permet de restaurer une forme d’ordre, si ce dire singulier permet de racheter le faire.
Il s’agit aussi de dégager la situation des personnages impliqués dans l’aveu. Le locuteur est celui qui reconnaît la faute, qui accepte sa culpabilité. Le destinataire est celui que l’acte d’avouer place dans la position du juge. « avouer » doit donc se comprendre par rapport à unesituation d’énonciation (qui parle ? à qui ? dans quel contexte ?) et eu égard à ce qui est avoué : pensez que le verbe à une double transitivité : avouer quelque chose à quelqu’un : les deux compléments sont essentiels, ainsi que le sujet.

Exemples de scènes d’aveu :
_ Phèdre
_ La Princesse de Clèves
_ Les Confessions (le ruban, le peigne, la fessée) : spécificités parrapport à la confession.
_ La Chute : pose la question de savoir où commence l’aveu et où commence l’accusation du juge-pénitent.

Un roman par lettres

Sujet 1, mais le traitement du sujet doit se faire eu égard à la notion de roman épistolaire : il ne s’agit pas de parler en général d’un roman épistolaire mais bien de l’épistolaire et de ses implications dans le roman choisi.L’expression « roman par lettres » oppose le singulier de l’œuvre à la pluralité des lettres : le roman épistolaire est donc une entité qui unifie une diversité interne. Cette diversité se doit d’être considérée sur plusieurs points (énonciatif, statut de la lettre (récit, objet, rôle informatif, descriptif, dramatique…). La fiction suppose ainsi un dispositif énonciatif singulier qui passe par des écritsexistant en tant que tels dans la fiction et qui deviennent la matière même du roman. Ce roman n’est plus que la somme des lettres, en théorie sans adjonction d’autres éléments, notamment narratifs : pas de narrateur. Partant, le roman par lettres est éminemment polyphonique, laissant chaque point de vue se développer sans trancher pour tel ou tel. Cf Bakthine.
Plus précisément, le roman...
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