Doute- un frein ou un moteur

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  • Publié le : 15 octobre 2011
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Lorsqu’on est face à une proposition : soit on adhère, soit on se lance dans des interrogations et on se met dans un état d’incertitude plus ou moins long : ‘est-ce que cette proposition représente une réalité ou une vérité’ , ‘est-ce qu’elle peut être remise en question’ ...
C’est dans l’exercice du doute que se trouve l’accès à l’opinion ou au jugement, ou à la certitude.
Donc on doute. Etl’action se met en suspens.
L’ignorance pourrait être une condition nécessaire du doute, si toutefois cette ignorance est connue ! car celui qui sait : ne doute pas.
Mais celui qui ne sait pas, et qui ignore ne pas savoir : ne doute pas davantage !

Platon disait de son élève Socrate, qu’il était considéré comme le plus sage de la cité car : ‘ il sait qu’il ne sait rien’. Il avaitconscience qu’il ne savait rien, alors que les autres étaient certains de savoir des choses qui n’étaient pas forcément vraies.

L’accès à la réalité et à la vérité semble poser le problème des limites de nos connaissances.

-Le chemin initiatique d’un Franc-maçon croise aussi le doute.
Au départ dans un premier temps, on se renseigne comme on peut, on questionne à droite ou à gauche (sansconnotation nécessairement politique !), on tente de lire –ce qui d’ailleurs ne nous apprend pas grand-chose... puis on se fie à nos propres sensations. Le doute se transforme pas à pas en moins de doutes.
Doute de quoi ? du choix que l’on fait ou que l’on s’apprête à faire...frapper effectivement à la porte.
Alors on frappe. On est certain du choix. Le doute s’estompe.
Puis de manière récurrente, aurythme de ce que l’on découvre sur soi et ses connaissances : il revient. Puis il nous devient un compagnon, ou ‘un maitre’, pour toutes nos pensées.
Mais finalement : on est certain de quoi ?!... : qu’on doute, et le doute est peut-être indispensable pour avoir une pensée structurée.

Quelles sont donc les sources de nos connaissances ?
Tout ce que nous savons ou prétendons savoir vient :soit des habitudes, soit des sens, soit de la raison.
Bien que le doute soit un immobilisme (momentané au mieux) c’est pourtant une action qui participe au mouvement vers la connaissance, car finalement plus on remet en cause des arguments présupposés, plus on se rapproche d’une vérité.
Par nature, l’homme désire savoir, il n’est pas le spectateur passif de sa propre existence, ni del’histoire dont il est aussi acteur.

Quelles sont les raisons d’un doute ?
Est-ce qu’elles sont d’ordre exclusivement théorique ? C’est-à-dire un doute sceptique dans lequel le jugement est suspendu de façon définitive ?
Ou est-ce un doute pratique ? C’est-à-dire un doute méthodique qui est là pour tenter de trouver une authenticité ?

-Le doute sceptique
Il semblerait que ce doute, qui remet encause les fondements de toute connaissance, anéantisse l’accès à la vérité : puisqu’aucune définition n’est reconnue pour vraie.

Lorsque le doute prend la forme d'une conclusion, il peut être un renoncement ou une défaite de la pensée.
Les sceptiques considèrent que l'esprit humain est incapable d'atteindre une connaissance certaine.
La devise sceptique se résume dans la question deMontaigne : ‘que sais-je?’, et même pas dans l'affirmation : ‘je ne sais rien’ : parce que ce serait reconnaître que l'on sait au moins une chose !

Le scepticisme absolu, ‘douter de tout’, est impossible à mettre en pratique dans la vie courante.
On ne peut pas vivre normalement si l'on doute de tout.
Le scepticisme, cette remise en doute de Toute vérité présumée, bouleverserait toute penséesur la vie puisqu’on ne serait jamais sûr de rien.
L’être qui douterait de tout serait rongé de l’intérieur, en proie à l’inaction, aux obsessions et à la folie.
Certaines certitudes sont indispensables à la vie quotidienne. Elles sont un moyen de garder des repères, un lien avec le monde qui nous entoure, à condition qu’elles soient universelles.
Par exemple : pour perpétuer une lignée,...
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