Emile zola et l'art

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages: 13 (3032 mots)
  • Téléchargement(s): 0
  • Publié le: 12 février 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Emile Zola et l'art.

Zola a eu toute sa vie une véritable passion pour les images, que ce soit dans son enfance, où l'initiateur fut son ami Paul Cézanne, que ce soit plus tard, de 1863 à 1883, années pendant lesquelles il fréquenta assidûment les peintres, les ateliers, les cafés et les Salons, et pendant lesquelles il écrivit de nombreux comptes rendus, ou que ce soit à la fin de sonexistence , où il consacra avec passion beaucoup de temps à photographier ses enfants; sa famille et les lieux où il allait. Quel regard Zola porte-t-il sur la peinture de son temps et dans quelle mesures ces romans sont hantés par le spectre des peintures qui l'ont marqué ?

Zola commença à écrire comme critique d'art et ses comptes rendus de Salon eurent une grande audience dès les premiersarticles. Il y soutenait avec ardeur Édouard Manet et les artistes de la «Nouvelle Peinture», ce qui parut scandaleux à l'époque. Jusqu'en 1882, il publia presque tous les ans des jugements sur les toiles exposées au Salon. Il rendit compte en 1874, en 1876 et en 1879 des expositions impressionnistes, qui étaient très controversées à l'époque. On retrouve cette passion pour les images dans la technique duromancier. Comme ses amis peintres, il allait travailler «sur le motif». Il composait les scènes en distribuant les être et les choses dans l'espace, on disait alors dans «l'air du tableau». Il soignait quasi picturalement les effets d'ombre et de lumière, d'éclairage... Ses dossiers préparatoires montrent bien que la part consacrée à l'art plastique et égale à celle de l'écriture. Zola accordeune importance primordiale à la description, c'est-à-dire à l'intégration du monde visible dans la fiction. On peut ainsi comprendre mieux pourquoi, dans ses Écrits sur l'art, Zola s'est passionnément intéressé au genre du paysage, devenu majeur au XIXe siècle.

C'est dans le chapitre sur la description qu'à écrit Zola dans Le Roman Expérimental qu'on comprend le mieux les liens qui peuvents'établir entre le romancier et le peintre. En effet, l'attention à la structure spatiale, aux formes et aux corps est la même pour l'un et l'autre, même s'ils utilisent des systèmes de signes différents. Les conditions intellectuelles ont incité Zola à s'intéresser aux arts plastiques, ainsi que les conditions culturelles. La critique d'art représentait, dans la seconde moitié du XIXe siècle, unespace de lancement et une source de revenu. Zola fit preuve d'une grande intuition et d'un goût très sûr en découvrant un nouvel artiste : Manet.

Avec Charles Baudelaire et les Goncourt, Zola a été l'un des trois plus importants critiques d'art de la seconde moitié du xixe siècle grand défenseur des nouvelles tendances picturales opposées à l'académisme. Émile Zola a été dès l'enfance un passionnéde l'image, attiré spontanément par les arts graphiques, puis par la photographie. À partir de 1863, en compagnie de « son presque frère», Paul Cézanne, Émile Zola intègre le Groupe des Batignolles et visite les ateliers d'artistes parisiens. Il fait la connaissance de tout ce qui compte dans le monde artistique. Tous sont déjà impressionnés par le talent immense d'Édouard Manet avec sa nouvellemanière de voir la peinture, dont les sujets sont contemporains, et les paysages chatoyants rendus avec la technique du «plein air». Gustave Courbet est l'autre source artistique du jeune Zola qui restera toujours, pour l'écrivain, un de ses modèles. Il le qualifiera de « seul peintre de notre époque », ajoutant «qu'il a pour frères, qu'il le veuille ou non, Véronèse, Rembrandt, Titien». La petitepopulation d'artistes se retrouve au quartier général de ce nouveau mouvement, le célèbre café Guerbois, aux Batignolles. Aux beaux jours, le groupe se déplace dans le petit village de Bennecourt près de Mantes. Zola y révèle sa vision esthétique et complète ainsi ses autres apprentissages.

Même si Manet avait déjà quelque renom, de scandale en particulier : Baudelaire l'avait déjà...
tracking img