Est-ce le cerveau qui pense?

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  • Publié le : 1 janvier 2011
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Philosophie : Est-ce le cerveau qui pense ?

L’expérience montre que des lésions cérébrales perturbent ou annulent les pensées d’un individu. Mon cerveau est donc pour moi condition nécessaire de mon accès à la pensée. Mais est-il pour autant à lui seul le sujet de la pensée ? Est-ce mon cerveau ou est-ce moi qui pense et qui cherche à se connaître soi-même, ou au moins à se comprendre ?Quel pourrait être ce moi distinct du cerveau quoique inséparable de lui ? Faut-il penser une âme distincte du corps, entraînant de graves difficultés d’union de cette nouvelle substance avec la substance corporelle, ou bien faut-il poser autrement la question de ce qui permet l’émergence d’un sujet conscient, parlant et voulant, ou simplement désirant ?*Quiconque comprend cette question fait l’expérience aussi de dire « je » et de se penser comme un « moi », à la première personne du singulier. Mais est-ce moi qui a un « moi » ou est-ce mon cerveau ? Est-ce le cerveau qui a un moi, et qui avec ce moi se pense lui-même ainsi que le monde, ou est-ce moi qui pense par et avec mon cerveau ? La question peut sembler vainement subtile etabstraite, mais elle cherche à faire clarté sur la question du sujet qui pense : Qui pense ? Mon cerveau ? Moi ? Quel pourrait être ce moi distinct du cerveau ?

S’agirait-il du reste du corps, qui serait le vrai moi complet, et dont le cerveau ne serait qu’un organe) et une partie ? Mais la société des sociologues suffit-elle à rendre compte de la pensée philosophique, ou faut-il pourcela introduire le réel dans son ensemble à la manière des métaphysiciens, comme Descartes, Spinoza ou Leibniz, qui jugent nécessaire pour penser la pensée d’interroger l’ensemble du réel, comprenant Dieu, comme le faisaient déjà Platon et Aristote ?
Pourquoi centrer l’interrogation autour du cerveau ? On pourrait dire que les animaux ont aussi un cerveau et qu’ils se viventpsychiquement eux-mêmes ainsi que le monde et donc qu’ils pensent d’une certaine façon tout cela. Mais on pourrait ajouter qu’ils ne pensent pas philosophiquement leur individualité et le monde, ce qui montrerait que la question qui nous intéresse ici n’est pas celle du soi « biologique » mais celle du moi « philosophique ».

On pourrait même dire que si le cerveau chez l’animal nesuffit pas à faire surgir un « moi » philosophique, alors c’est que le cerveau ne suffit pas et qu’il faut avoir une âme immatérielle pour passer à la philosophie, comme le disent Platon et Descartes, ou un intellect divin comme chez Aristote. Mais l’argument est bien vague car le mot cerveau pour l’animal et pour l’homme n’a pas le même référent : le cerveau de l’homme n’est pas vraiment le mêmeque celui du singe, ou du dauphin ou de l’éléphant.
Pourquoi s’intéresser au cerveau ? Parce qu’il est clair que ce ne sont pas d’autres organes qui sont le siège de la pensée. Mais cela ne tranche pas la question philosophique la plus centrale et la plus pertinente, à savoir : est-ce le cerveau qui est le sujet pensant ?

On pourrait douter que lecerveau soit sujet et se pense lui-même en disant que le cerveau n’a pas conscience d’exister, qu’il peut vivre toute une vie dans un corps d’homme sans jamais savoir qu’il existe. Des hommes en effet ont vécu sur cette terre avec la conviction que le siège de la pensée, sa source, était plutôt le cœur et ses émotions, et non la tête. Dans la vie naïve, nous vivons notre individualité corporelle commeune totalité insérée dans le monde et présente à ce monde sans penser clairement à notre cerveau. Le sujet ne serait alors pas le cerveau mais l’individualité corporelle totale telle qu’elle s’éprouve elle-même au sein du monde.

Certains objecterons que si le sujet n’a pas immédiatement conscience de soi mais n’y parvient que par des médiations, il faut alors du temps, une...
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