Fetichisme

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Fétichisme, 1927
Fetischismus

Sigmund FREUD

Edition d’origine : Gesammelte Werke, t. XIV, p. 309-318.

Première édition française : 1969, in La vie sexuelle, PUF (Denise Berger), p. 133-138.

Œuvres complètes. Psychanalyse, t. XVIII, « Fétichisme », PUF (Robert Lainé), p. 125-131.

Genèse

Ce terme est le produit d’une histoire tri-séculaire ayant déposé sur ce mot dessédimentations ethnologique, philosophique et finalement sexologique.
Né au XVIIIe siècle, pour désigner une forme de religion (Des Brosses, Du culte des dieux fétiches, 1756) des objets appelés « fétiches » (dérivé du portugais feitiço : sortilège, artifice), le terme en est venu à désigner une forme de perversion sexuelle depuis Alfred Binet (Le fétichisme dans l’amour, 1888). Il est désigné par lesfondateurs de la sexologie (Dr R.Von Krafft-Ebing et le Dr H.Havelock Ellis) soit comme une attitude de la vie sexuelle normale consistant à privilégier une partie du corps du partenaire, soit comme une perversion sexuelle (ou fétichisme pathologique) caractérisée par le fait qu’une des parties du corps (pied, bouche, sein, cheveux…) sont pris comme objets exclusifs d’une excitation ou d’un acte sexuel.L’écrit analytique va avoir pour but et effet de spécifier ce que, de cela – «Fétichisme » - la psychanalyse peut dire de neuf et de spécifique en le ressaisissant du point de vue inconscient.
La conception freudienne du fétichisme se déploie à travers plusieurs textes.
En 1905, dans les Trois Essais sur la théorie sexuelle, le fétiche est une partie du corps qui se trouve en relation avec lapersonne sexuelle. La « surestimation » de l’objet, c’est-à-dire un certain degré de fétichisme, existe normalement dans toute relation amoureuse. Pour illustrer ce propos, Freud cite Goethe : « Apporte-moi un fichu, qui ait couvert son sein, Une jarretière de ma bien-aimée ! » (Faust, I, 7). Elle ne devient pathologique que lorsque la fixation à l’objet relève d’une pulsion sexuelle infantile.Par la suite, dans son étude consacrée à Léonard de Vinci puis à la Gradiva de Jensen, Freud fait allusion au fétichisme du pied et à la fonction substitutive du fétiche. Il repère que la rencontre avec le fétiche est la réactualisation d’un souvenir précoce refoulé.
Entre 1923 et 1925, Freud introduit le terme de déni et dans l’essai sur La Négation, il dégage un processus de défense en forme denégation.
Deux ans plus tard, Freud en vient à élaborer le lien entre perversion et fétichisme et ses théories le conduiront à comprendre le fétichisme comme la coexistence d’un déni de la perception de l’absence du pénis chez la femme et d’une reconnaissance du manque conduisant à un clivage du moi et à la fabrication du fétiche comme substitut de l’organe manquant.

1 - Thèse et Problématiquedu texte

Quelle signification inconsciente donner au choix du fétiche et à la perversion fétichiste ? Le fétiche est l’ersatz fantasmatique du pénis maternel de l’imaginaire infantile et le fétichisme s’instaure comme compromis avec l’angoisse de castration, à la fois commémoration et suppléance.

2 - Argumentation

2.1 Le regard-fétiche

Freud commence ce texte en faisant état deson étude analytique d’ « un certain nombre d’hommes dont le choix d’objet était dominé par un fétiche, dont ils s’avèrent en général satisfaits par les facilités ouvertes à leur vie amoureuse ». Il donne comme exemple, le cas d’un jeune homme qui avait haussé au rang de « condition fétichiste » une certaine « brillance sur le nez ». Cela s’expliquait par un jeu de mots dû à son bilinguisme, legermanophone ayant appris l’anglais dans son enfance- Glanz auf der Nase devant être entendu au sens de l’anglais glance (regard), en équivocation avec le Glanz allemand qui signifie « éclat » ou « brillant ». Freud annonce déjà avec cet exemple ce qu’il en sera de la constitution du fétiche. C’est bien par l’éclat (comme signifiant) que le regard est signifié. Le fétiche, c’était donc, le nez...
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