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  • Publié le : 7 octobre 2010
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E. Goffman, Stigmates. Les usages sociaux des handicaps. Extrait du chapitre 1. Stigmate et identité sociale

Présentation rapide de l’auteur
E. Goffman s’inscrit directement dans le courant de l’interactionnisme symbolique. L’interactionnisme considère que la société est un résultat des échanges interindividuels. L’interaction (c’est-à-dire l’échange social, la situation sociale ou chacunagit et se comporte en fonction de l’autre) constitue l’atome logique de l’activité sociale et doit rester l’objet principal de l’analyse sociologique. La conception que les acteurs se font du monde social constitue l’objet essentiel de la recherche sociologique. Comme la première école de Chicago, l’interactionnisme utilise les méthodes ethnologiques (observation, entretiens) pour étudier son objetde l’intérieur. Les interactionnistes replacent donc l’expérience des acteurs au cœur de la sociologie, en admettant que ceux-ci ont une capacité d’interprétation (des situations auxquelles ils sont confrontés) et de négociation (lors des interactions). Ses ouvrages principaux : GOFFMAN E., Stigmate. Les usages sociaux des handicaps, Paris, Editions de Minuit, 1975 (1963). GOFFMAN E., Les ritesd’interaction, Paris, Editions de Minuit, 1974 (1967). GOFFMAN E., La mise en scène de la vie quotidienne 1. La présentation de soi, Paris, Editions de Minuit, 1973 (1959). GOFFMAN E., La mise en scène de la vie quotidienne. 2. Les relations en public, Paris, Editions de Minuit, 1973. GOFFMAN E., Asiles. Etudes sur la condition sociale des malades mentaux, Paris, Editions de Minuit, 1968 (1961).

1 Etude du texte
Comment se déroulent habituellement les relations sociales ? Selon E. Goffman, lorsque deux personnes entrent en interaction, les individus se répartissent dans des catégories, des «cadres sociaux » communément partagés dans la société, en fonction d’attributs les caractérisant. A partir de là, les individus vont attendre de l’autre un certain type de comportements,d’attitudes, de modes de pensées. Par exemple, on n’attendra pas le même comportement de quelqu’un que l’on croise habillé en costume qu’un autre habillé en jean large, jogging et casquette. On ne « rangera » pas ces personnes dans le même « cadre social ». Ainsi, lorsqu’un individu entre en interaction « il ne cesse de poser des hypothèses quant à ce que devrait être l’individu qui lui fait face » (P 12). Ces« caractérisations en puissance » définissent l’identité sociale virtuelle attribuée à un individu. L’identité sociale virtuelle se distingue de l’identité sociale réelle. L’identité sociale réelle se définit à partir des attributs personnels des individus (son caractère) et de leurs attributs structuraux (comme la profession). Comment E. Goffman définit-il le stigmate ? Le stigmate est un «désaccord particulier entre les identités sociales virtuelle et réelle » (p 12). Le stigmate c’est un décalage par rapport à ce qui devrait être, « une différence fâcheuse d’avec ce à quoi nous nous attendions » p15. Par ailleurs, il faut retenir que le stigmate jette un discrédit sur la personne et peut s’accompagner d’une exclusion de l’individu. Le stigmate disqualifie l’individu et l’empêche d’êtrepleinement intégré dans la société. Ce qu’il est aussi essentiel de retenir dans la définition du stigmate c’est qu’il faut le définir « en terme de relations et non d’attributs » p 12. Autrement dit, et c’est le plus important à retenir dans la définition du stigmate, le stigmate est un point de vue sur un attribut et non pas l’attribut en lui-même. Sa définition est toujours relative à desnormes.

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C’est ce qu’E. Goffman souhaite démontrer lorsqu’il évoque l’exemple du bandit qui se rend à la bibliothèque. Si pour les étudiants de la faculté de sociologie il n’est pas stigmatisant de se rendre à la bibliothèque, un « bandit » qui s’y rend sera pour sa part stigmatisé. Ainsi, ce n’est pas le fait en général d’aller à la bibliothèque qui est source de stigmate, pas...
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