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  • Publié le : 14 février 2010
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Paul Eluard écrit Leurs yeux toujours purs au sein du recueil Capitale de la douleur publié en 1926, la poésie est à cette époque émancipée de la tradition classique et de ses invariants métriques et rythmiques (alexandrins, etc.), syllabiques, sonores (rimes, etc.). Cependant, Eluard exerce un vers libre qui entretient généralement un dialogue avec la poésie traditionnelle et ne la récusetotalement qu'en des circonstances particulières. Dans le poème qui nous occupe, l'usage du vers libre est caractéristique de la poésie post-symboliste (inspirée de Baudelaire, Rimbaud, etc.); il y a de la sorte un jeu continuel entre les formes anciennes et l'inventivité du moderne.
une certaine "spacialisation visuelle" qui organise le poème en strophes et en vers; même si celle-ci n'estqu'élémentaire par rapport aux vers graphiques, avatars visuels que nous rencontrons avec le calligramme; cette disposition reste le premier indice d'une versification poétique
9 alexandrins aux hémistiches apparents
Par ailleurs, le vers de 13 syllabes (D)
utres vers (m, n, q) laissent se découper, sur le fond métrique, des hexamètres de manière explicitée par la syntaxe; celle-ci est encoresoulignée par la ponctuation (m et q) tandis que l'hexamètre final de n coïncide avec la subordonnée relative ...qui secoue ma misère.
Il est donc possible de battre la mesure et le vers acquiert un rythme au sens musical du terme" .Les temps forts tombent sur les voyelles toniques et nous trouvons aussi des pauses, comme les silences de la partition musicale
Ainsi les 3 quatrains instaurent à leurtour un sous-système, qu'il suffise de considérer le quatrain central isomètre et les extrêmes (a et L) pouvant se profiler comme un crescendo métrique suivi d'un decrescendo inversement identique, à l'exception du décasyllabe
Nous remarquons tout d'abord la récurrence de sons identiques à la fin de certains vers, induisant à leur tour une organisation particulière.
Nous retrouvons une autreidentité structurelle échafaudée par les mêmes deux biais d'une rime {ER[´]} aux vers n, o, p
deux allitérations "leur" et "vol",
Il est un trait étonnament constant dans l'alternance des rimes féminines (en minuscule) et masculines (en majuscule).
Le second quatrain commence avec le sujet de la phrase Mon esprit, on lui subordonne une relative à l'imparfait qui exprime son étatantérieur, pour ensuite l'actualiser immédiatement en le répètant une seconde fois: mon esprit est nu comme l'amour
les vers g et H introduisent un nouveau sujet l'aurore qui agit sur le sujet précédent lui = mon esprit
il s'agit du statut de l'humain sans amour, misèrable orphelin des yeux toujours purs, qui sont eux le symbole d'une complète félicité.
Ce faisceau de traits, fendant le blanc dela page, laisse l'impression que la mort ou le néant existentiel chez Eluard, est dite.
Dans ce quatrain, ce n'est pas une idéalité positive des yeux toujours purs qui est visée mais sa négation; elle-même idéalité, donc également hostile à la description.
Eluard emprunte à divers répertoires des expressions de ce mal-vivre. Afin de mettre en évidence la cohérence de ce faisceau sémantique,nous avons disposé ces diverses expressions parallèles en un tableau qui fait ressurgir -précisément- ce parallélisme de descriptions complémentaires:
de lenteur - fatigue physique et psychique
de pluie - humeur maussade
- de miroirs brisés = 7 ans de malheur, par miroir!
Jours - d'aiguilles perdues - = impossibilité de les, de se retrouver
de paupièrescloses - introspection abyssale dans un néant
à l'horizon des mers intérieur
d'heures toutes - monotonie, Ennui baudelairien,
semblables négation du Carpe diem.
- de captivité négation de la liberté "un miroir brisé équivaut à sept ans de malheur" et "autant chercher une aiguille dans une botte de paille". Le caractère universel de cette expérience humaine est...
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