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« Comme jadis l'âme de l'Univers » — J. du Bellay (1522 – 1560)

Joachim du Bellay est issu d'une famille de la noblesse. Un des moments forts du début de sa carrière est sans conteste sa rencontre vers 1547 avec Pierre de Ronsard avec qui il devient ami. Il rejoint ensuite un groupe de poètes appelé La Pléiade dont il rédige en 1549 le manifeste intitulé Défense et illustration de la languefrançaise. Entre 1553 et 1557, il se rend à Rome ; au départ enthousiaste à l'idée de découvrir la prestigieuse cité antique, il en revient marqué par la déception et la nostalgie, sentiments qui nourriront son œuvre poétique, dont Les Regrets.

L'Olive est un recueil de 115 sonnets, publié en 1549. Il s'agit du premier recueil en français de sonnets amoureux où il y célèbre une maîtresseimaginaire ; le recueil rencontre un vif succès et illustre ce nouvel art poétique inspiré des Italiens (Pétrarque). Ce poème en décasyllabes compare cette amoureuse à la force originelle de la nature.

« Comme jadis l'âme de l'Univers
Énamourée en sa beaulté profonde,
Pour façonner cette grand' forme ronde,
Et l'enrichir de ses thesors divers,

Courbant sur nous son temple aux yeulx ouvers,Sépara l'air, le feu, la terre, et l'onde,
Et pour tirer les semences du monde
Sonda le creux des abismes couvers :

Non autrement, ô l'âme de ma vie !
Tu feus à toy par toymesme ravie
Te voyant peinte en mon affection,

Lors ton regard d'un accord plus humain
Lia mes sens, où Amour de sa main
Forma le rond de ta perfection. »

Portrait de Joachim du Bellay, 1868
Auteur inconnu« Mignonne, allons voir si la rose » — P. de Ronsard (1524 – 1585)

À 16 ans, Pierre de Ronsard décide de se consacrer aux lettres. Il se propose, avec Joachim du Bellay, de restaurer la poésie française dans sa majesté et devient le chef de ce qui deviendra « La Pléiade » en 1556. Son œuvre est marquée par les sentiments amoureux et son sens de l'épopée qu'il déclame dans ses poèmes. Il estnommé en 1559 poète de la Cour.

C'est dans le recueil Les Odes (1550 – 1552), placé sous le parrainage de Pindare et Horace (deux poètes de l'Antiquité), que Ronsard publie ce poème. Il tente de séduire Cassandre qu'il a rencontrée cinq ans plus tôt. La métaphore filée de la rose constitue une véritable invitation à l'amour et Ronsard y livre un éloge du carpe diem.

À Cassandre

Mignonne,allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous mecroyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.

« Chant I » N. Boileau (1636 – 1711)

Nicolas Boileau, poète mais aussi critique est très tôt destiné à faire du droit. Il en est dégoûté rapidement, pourtant admis au barreau à 20 ans. Après des études dethéologie ratées, il se donne à la littérature et se consacre dès lors aux lettres. Il livre d'abord ses Satires en 1666 où il critique les gens en vue de la société. Élève de la scolastique, il compose en 1674 son Art Poétique et les Épîtres.

Dans son Art Poétique, il développe en alexandrins ce qu'il considère comme les règles fondamentales de l'écriture en vers classique, et des moyens à mettre enœuvre pour se rapprocher de la perfection. Le traité est composé de quatre chants. Cet extrait du premier appelle l'écrivain, le poète, celui qui compose, à rendre sa fabrication claire, compréhensible,
raisonnée et travaillée.

« Il est certains esprits dont les sombres pensées
Sont d'un nuage épais toujours embarrassées ;
Le jour de la raison ne le saurait percer.
Avant donc que...
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