Genette

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  • Publié le : 9 octobre 2010
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Dissertation
française

Sujet : Citation de Gérard Genette, tiré de son article "l'Utopie Littéraire" dans Figures I.

"Le temps des œuvres n'est pas le temps défini de l'écriture, mais le temps indéfini de la lecture et de la mémoire. Le sens des livres est devant eux et non derrière, il est en nous : un livre n'est pas un sens tout fait, une révélation que nous avons à subir, c'estune réserve de formes qui attendent leur sens, c'est 'l'imminence d'une révélation qui ne se produit pas' (Borges), et que chacun doit produire pour lui-même".

Introduction :

La question de la place du lecteur ne se posait pas dans le domaine littéraire avant l’avènement de la nouvelle critique dans les années soixante. En effet le statut de l’auteur était la base de toute l’œuvre etl’origine de tout. Il était perçu comme seul créateur de sens. L’auteur occupait une place prédominante par rapport au texte et à ses personnages. Il n’est donc pas surprenant de voir dans l’élan de son temps, Genette en 1966 dans son article l’ « Utopie littéraire » de Figures I mettre en avant la nouvelle importance du rôle du lecteur. Pour lui, le sens est en nous et le livre est une réserve deformes qui « attendent leur sens ». C’est à chacun de produire lui-même l’imminence de la révélation contenue dans l’écriture. A partir de là, le lecteur prend la place occupée jusqu’alors par l’auteur. Cette théorie a le mérite de traiter du rôle primordial qu’apporte le lecteur au sens du texte mais la question se pose : produit-on du sens de façon solitaire ? Une bonne œuvre ne dépend-elle pasaussi de son auteur ? Genette lecteur et écrivain lui-même semble présenter avec la justesse du praticien le rôle important de la lecture. Force est de constater que l’auteur est totalement mis de côté dans cette théorie. Cela rappelle la phrase de Roland Barthes « la naissance du lecteur doit se payer de la mort de l’auteur ». Mais n’y a-t-il rien au-delà de l’auteur ? Que dire de l’esprit commemémoire universelle de notre espèce ?

Plan :

I. Avènement du lecteur :

a. C’est dans la lecture que le sens de l’œuvre se révèle, manœuvré par le lecteur, doté par ses propres savoirs, idées et gouts.
Chacun lit à sa manière avec son temps.

Exemple : on ne lit pas de la même façon aujourd’hui l’Iliade d’Homère qu’on ne la lisait au dix-septième siècle.

b. Le lecteurfait vivre l’écriture avec son vécu, sa mémoire et ses souvenirs.
Barthes : « il faut considérer […] que grâce au lecteur, tout le texte est écrit éternellement ici et maintenant »
Exemple : une tragédie antique peut se transformer actuellement et on peut en quelque sorte s’identifier aux personnages de l’intrigue. Ainsi dans Antigone de Sophocle, on peut être à l’image d’Antigone confronté àdes situations compliquées basées sur un conflit de la raison.

c. Chaque lecteur a sa personnalité propre douée d’une imagination personnelle.
Eco : « un livre est une machine à générer de l’interprétation. »

Exemple : Ainsi un même texte va être interprété différemment par plusieurs lecteurs qui ne vont pas y voir la même fin.

II. La mort de l’auteur :

a. Oublie del’orientation qu’il donne :
Barthes : « Le langage n’est jamais innocent ».

Exemple : Œuvres engagées ou autobiographie : Confessions de Rousseau.

b. L’auteur doit laisser place au lecteur qui réécrit le texte pour lui-même.
Barthes : «La naissance du lecteur doit se payer de la mort du lecteur ». L’auteur n’est plus le seul garant du sens de son œuvre.

Exemple : On va commencer àétudier des œuvres en se détachant totalement de leur auteur.

c. Comment peut-on connaître l’intention de l’auteur ?
La réponse de Barthes est qu'on ne le peut pas.

Exemple : Sarrasine d'Honoré de Balzac texte dans lequel un homme prend un castrat pour une femme et tombe amoureux d'elle. Quand le personnage (Sarrasine) délire sur celle qu'il croit être l'image même de la...
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