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  • Publié le : 19 avril 2011
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Le dormeur du val (XIX éme) RimbaudC'est un trou de verdure où chante une rivière,Accrochant follement aux herbes des haillonsD'argent ; où le soleil, de la montagne fière,Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,Pâle dans son lit vert où la lumièrepleut.Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant commeSourirait un enfant malade, il fait un somme :Nature, berce-le chaudement : il a froid.Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Après la bataille (XIXème) V.HugoMon père, ce héros au sourire si doux,Suivi d'un seul housard qu'il aimait entretousPour sa grande bravoure et pour sa haute taille,Parcourait à cheval, le soir d'une bataille,Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.Il lui sembla dans l'ombre entendre un faible bruit.C'était un Espagnol de l'armée en dérouteQui se traînait sanglant sur le bord de la route,Râlant, brisé, livide, et mort plus qu'à moitié.Et qui disait: " A boire! à boire par pitié ! "Mon père, ému,tendit à son housard fidèleUne gourde de rhum qui pendait à sa selle,Et dit: "Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé. "Tout à coup, au moment où le housard baisséSe penchait vers lui, l'homme, une espèce de maure,Saisit un pistolet qu'il étreignait encore,Et vise au front mon père en criant: "Caramba! "Le coup passa si près que le chapeau tombaEt que le cheval fit un écart en arrière." Donne-lui toutde même à boire ", dit mon père.

Le Lion s'en allant en guerre (XVII ème )Le Lion dans sa tête avait une entreprise.Il tint conseil de guerre, envoya ses Prévots,Fit avertir les animaux :Tous furent du dessein, chacun selon sa guise.L'Eléphant devait sur son dosPorter l'attirail nécessaireEt combattre à son ordinaire,L'Ours s'apprêter pour les assauts ;Le Renard ménager de secrètespratiques,Et le Singe amuser l'ennemi par ses tours.Renvoyez, dit quelqu'un, les Anes qui sont lourds,Et les Lièvres sujets à des terreurs paniques.- Point du tout, dit le Roi, je les veux employerNotre troupe sans eux ne serait pas complète.L'Ane effraiera les gens, nous servant de trompette,Et le Lièvre pourra nous servir de courrier.Le monarque prudent et sageDe ses moindres sujets sait tirer quelqueusage,Et connaît les divers talents Il n'est rien d'inutile aux personnes de sens.
Bien que la guerre soit âpre, fière et cruelle ( XVIème)Bien que la guerre soit âpre, fière et cruelleEt qu’un douteux combat dérobe la douceur,Que de deux camps mêlés l’une et l’autre fureurPerde son espérance, et puis la renouvelle,
Enfin, lors que le champ par les plombs d’une grêleFume d’âmes en haut, ensanglantéd’horreur,Le soldat déconfit s’humilie au vainqueur,Forçant à jointes mains une rage mortelle.
Je suis porté par terre, et ta douce beautéNe me peut faire croire en toi la cruautéQue je sens au frapper de ta force ennemie :
Quand je te crie merci, je me mets à raison,Tu ne veux me tuer, ni m’ôter de prisonNi prendre ma rançon, ni me donner la vie.
Théodore Agrippa d’Aubigné
Le jeu ( XXème)Esther GranekSeize sont blancs. Seize sont noirs.Alignement d’un face-à-face.Selon son rang, chacun se place.En symétrie, de part en part.Les plus petits sur le devant.Seize sont noirs. Seize sont blancs.Huit fois huit cases. Un jeu démarre.
Joutes, et coups bas, et corps à corps,et durs combats. Ultime effortpour asséner à ceux d’en face :“Échec et mat ! le roi est mort !”
Complimenté est legagnant.
Mais la revanche est dans le sang.Déjà tout se remet en place.Et du combat ne reste trace.Tout aussitôt le jeu reprend.
Seize sont noirs. Seize sont blancs…
N’ayant soixante-quatre casesni trente-deux participants,mais autres nombres et autres temps,la vie, pourtant, a mêmes bases.

Bêtise de la guerre (XIXème) HugoOuvrière sans yeux, Pénélope imbécile,Berceuse du chaos où le néant...
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