Grande distributio

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La Tribune, 18 juin 2004 WAL-MART, NOUVEAU PARAMÈTRE DE L'ÉCONOMIE MONDIALE
Lysiane J. Baudu, à New York Les prix les plus bas sont l'arme de Wal-Mart. Si les consommateurs sont satisfaits, ses fournisseurs et ses concurrents sont sans cesse sous pression. Les achats à la Chine du géant de la distribution américain représentent aujourd'hui 10 % des exportations de ce pays. De plus en plus, lessyndicats se mobilisent contre les effets de cette "walmartisation". Alors que le nom de Wal-Mart est évoqué de façon récurrente parmi les prédateurs potentiels d'autres grandes enseignes mondiales de la distribution (à commencer par Carrefour), l'Europe pourrait bientôt faire la connaissance de ce rouleau compresseur qui écrase non seulement les prix mais aussi les fournisseurs et les concurrents,petits ou grands. "Nous n'avons que de petites opérations en Allemagne et au Royaume-Uni. Nous nous intéressons à un plus fort développement à l'international, en Europe et ailleurs", déclare William Wertz, porte-parole de Wal-Mart. Sur les parkings des "supercenters" du leader mondial de la distribution, dans les banlieues américaines ou au milieu des campagnes, les clients sont unanimes : cequ'ils aiment chez Wal-Mart, ce sont les prix. "Des prix bas tous les jours" comme l'indique le slogan de la marque. Alors, quand la plus grande entreprise américaine, devant ExxonMobil, General Motors ou General Electric, est accusée, comme cela a été le cas en octobre dernier, d'exploiter aux Etats-Unis des travailleurs illégaux par le biais de sociétés d'entretien sous-traitantes, quand le géantest taxé d'imposer à ses fournisseurs, aux quatre coins du monde, des cadences infernales pour des salaires de misère, quand il est même soupçonné d'avoir autant de poids, sinon plus, que le gouvernement américain sur certains pays, les consommateurs avouent que "oui, c'est dommage"... mais ils reviennent bien vite à ce qu'ils considèrent comme l'essentiel : les prix. Wal-Mart a construit sonempire, en ouvrant ses premiers magasins en 1962, sur cette philosophie. Au point d'en faire une obsession. Alors que l'entreprise cherchait, jusque dans les années 90, à "n'acheter qu'américain", elle joue maintenant la carte de la globalisation. Ainsi, si les importations de Wal-Mart ne représentaient que 6 % de tous ses produits en 1995, elles en constituent maintenant plus de 50 %. Question deprix. Augmenter la cadence Selon un reportage paru en novembre dernier dans le Los Angeles Times, dans une usine de confection de San Pedro Sula, au Honduras, les ouvrières travaillent dix heures par jour, pour un salaire hebdomadaire de 35 dollars. Sous la pression de Wal-Mart, le patron demande toujours plus. D'autant qu'il faut, philosophie Wal-Mart oblige, toujours apporter un "plus" au géantmondial. Les prix doivent baisser ou la qualité s'améliorer. Impossible, pour un fournisseur, d'offrir le même produit au même prix d'une année sur l'autre. Dans l'usine hondurienne, ce sera quelques cents de moins sur une chemise, que Wal-Mart achète 3 dollars pour un prix de détail dans ses supermarchés de 8,63 dollars. Les salariés de San Pedro Sula ont donc dû augmenter la cadence, et souventoublier les jours de congé. "Nous savons même que, quand certains fournisseurs envoient une facture, ils reçoivent un paiement amputé de 10 %", affirme Dan Swinney, directeur du Center for Labor and Community Research, spécialisé dans le développement durable et basé à Chicago. Bref, quand la ristourne tarde, Wal-Mart l'anticipe... William Wertz refuse d'admettre que les fournisseurs sont soumis à cegenre "d'efforts", mais confirme toutefois que "la recherche de la qualité au meilleur prix est permanente avec les fournisseurs. Nous ne nions pas que nous sommes des négociateurs de choc".

Au salaire minimum Tous les fournisseurs sont logés à la même enseigne. Et quand Wal-Mart est le plus gros client, comme c'est souvent le cas, il faut bien s'adapter. C'est le cas de Chattem, Inc., à...
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