Hannah arendt : la crise de la culture

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 23 (5529 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 17 décembre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Au-delà du néolibéralisme

Quel est le bilan du néolibéralisme en Amérique latine ? A-t-il triomphé en s’imposant à des gouvernements d'une tendance distincte ? Ou a-t-il échoué en essuyant le rejet généralisé de la population ?

La réponse dépend de l'aspect que l'on met en relief dans la définition du néolibéralisme, puisque ce modèle de domination capitaliste inclut une pratiqueéconomique, un projet d'accumulation ainsi qu'une offensive sociale destinée à soumettre les travailleurs et à établir des régimes politiques autoritaires. Il est indispensable de caractériser ce qui s'est produit sur ces quatre terrains durant la dernière décennie pour analyser le virage antilibéral qui s'accomplit actuellement. Ce diagnostic est également vital pour définir le profil d'une propositionanticapitaliste.

ALCA et Dette

Bien que la prédilection des classes dominantes pour les privatisations, l'ouverture et la déréglementation ait diminué durant les dernières années, la doctrine néolibérale continue à s’imposer en orientant la politique économique de l'establishment sur les deux terrains stratégiques : l'ALCA et l'endettement externe.

Les tractations pour former une zone delibre-échange visent à augmenter les ventes nord-américaines vers la région, en échange de plus grandes quotes-parts du marché américain pour les exportateurs latino-américains. Mais la force des deux secteurs diffère substantiellement à la table des négociations. La première puissance fait pression sur les gouvernements de son "arrière-cour" pour qu'ils réduisent les droits de douane de l'industrie,des services et de la propriété intellectuelle, tandis qu'elle offre en contrepartie des concessions très limitées sur le terrain des subventions à l'agriculture et celui des obstacles douaniers.

Le libre-échangisme sans restriction que prévoyait la version initiale de l'ALCA a été abandonné devant la résistance du patronat brésilien (et dans une moindre mesure argentin) à déprotéger sonindustrie et à remettre les services aux mains d'étrangers. C'est pourquoi on discute actuellement d’une variante "light" de l'accord, qui dispenserait les participants d'engagements stricts et de délais péremptoires. Mais cette seconde alternative des corporations nord-américaines et de leurs partenaires régionaux s'avère également défavorable à l'ensemble de l'économie latino-américaine.

L'ALCAconstitue seulement une instance de négociations qui visent à renforcer la domination commerciale des Etats-Unis et à freiner l'expansion européenne dans la région. Les tractations sont complétées par des accords multilatéraux dans l'orbite de l'OMC et des conventions bilatérales que promeuvent les capitalistes latino-américains les plus associés aux compagnies américaines.

Ce qui est arrivé avecl’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) au Mexique démontre que ce type de chefs d'entreprise améliore leurs profits au détriment du reste du pays qui souffre des conséquences de la dénationalisation bancaire, de la désarticulation régionale, de la crise agricole et de l'explosion de l'émigration. Cet antécédent illustre aussi l'effet probable qu’auront les récents accords (traités delibre-échange) signés par le Chili et plusieurs pays d'Amérique centrale (avec les Etats-Unis).

Sur le plan financier, le modèle néolibéral a été installé dans la région à travers le paiement de la dette externe et l'audit consécutif qu'exerce le FMI sur la politique économique de chaque pays. Cette ingérence du Fonds est beaucoup plus pesante que les paiements d'intérêts, parce qu'elle impliqueune subordination systématique de la croissance, de l'investissement public et des revenus populaires à la priorité d’encaissement (remboursement ») des créanciers.

La soumission au FMI a prédominé dans les années 90 sous les présidences néolibérales de Salinas, Menem ou Sanguinetti et se trouve actuellement ratifiée par les continuateurs explicites de cette politique (Lagos, Fox, Toledo)....
tracking img