Histoire

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  • Publié le : 3 mai 2011
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La Petite Histoire du Célibat

Introduction
Le célibat n’existe pas ! Dans le Code civil de 1804, on trouve 278 occurrences du mot « mariage » qui arrive en deuxième position des formes lexicales après le terme… « biens ». Le mot « célibat » n’est pas attesté une seule fois. Il ne l’est pas plus dans la Bible. Dans les textes fondateurs, le célibat n’existe pas, parce qu’il ne se définit qu’encreux, par rapport au modèle dominant du mariage. Le terme grec qui le désigne, agamia, signifie littéralement « absence de mariage ».
Conséquence : il ne véhicule que des images négatives. Est célibataire celui qui ne veut pas, ou ne peut pas se marier. Un incivique ou un impuissant. Qu’il suffise d’évoquer les connotations méprisantes qui s’attachent au vieux garçon (un maniaque) ou à lavieille fille (un pruneau desséché !!!). S’ils ne se fixent pas à l’âge établi voici 450 ans par Henri II (30 ans pour les garçons, 25 pour les filles), les jeunes gens ne peuvent être que des laissés-pour-compte (puceaux, timides, coincés, incasables, filles montées en graine…) ou des débauchés (don Juan ou Messaline, homosexuels refoulés ou avoués…). Jadis, seul le mariage donnait un statut dans lasociété. Tout ce qui lui échappait semblait « en attente ». Passer, même brièvement par l’union conjugale rendait une femme respectable, ou du moins libre. Veuve ou divorcée, elle avait sa place dans la société.

L’Antiquité
Dans les civilisations antiques, la religion fonde le mariage. Seul le lien sacré établi entre les générations par les rites nuptiaux justifie le culte des ancêtres, dontsont exclus, comme de l’héritage, les bâtards. Le célibataire se privait donc volontairement et consciemment, d’une descendance qui accomplit les rites que lui-même devait à son père. Inimaginable. Une forme de suicide post mortem et à ce titre doublement condamnable. Le rhéteur Isée, maitre de Démosthène, exprime bien, 4 siècles avant notre ère, cette règle de base : « Tous les hommes, àl’article de la mort, prennent des mesures de prévoyance dans leur intérêt propre, afin que leur maison ne soit pas livrée à l’abandon, mais qu’il reste après eux quelqu’un pour accomplir les sacrifices funèbres et tous les rites dus aux défunts. » Ne pas s’assurer cette survie est un défi à l’ordre divin. Le célibataire par choix est un non-sens ou une révolte.
Ainsi, à la chaine des corps assurée par lagénération s’ajoute la chaine des âmes garantie par le mariage. Le fils qu’on engendre sera un jour le prêtre de la divinité qu’on deviendra. « On naissait prêtre, on mourait divinité, mais il fallait pour cela être issu d’un mariage religieux. Rester célibataire, c’eut été vouloir être damné dans l’autre vie. » Pourquoi, dans ces conditions, braver la règle commune ? Les raisons doivent êtreimpérieuses et significatives.
Il y a bien sur, des célibats subis. Dans les sociétés animales, les mâles dominants imposent leurs lois, et il n’y a pas de raison de croire qu’il en ait été autrement dans les premières sociétés humaines : malformations, faiblesses congénitales, handicaps, impuissance ou inappétence pour le sexe opposé…Puis, lorsque la vie sociale s’organise, lorsque d’autres valeursapparaissent ou que les sentiments s’affinent, laideur, pauvreté timidité peuvent constituer des obstacles sérieux à la vie de couple. L’impossibilité a-t-elle été concrétisée par une interdiction ? Confucius, dit-on, interdisait le mariage à 5 types de filles : celles issues d’une maison mal réglée, ou de familles où l’on néglige les devoirs et la piété filiale, les filles de mauvaises mœurs,marquées par des tâches d’infamie ou des maladies héréditaires. Dans certains cas, le célibat a pu constituer 1 obligation légale. Dans le droit canon chrétien, l’impuissance constitue un empêchement au mariage, mais non la stérilité. Il s’agit tjr d’exceptions. Le plus svt, ce st des politiques familiales, essentiellement liées à l’intégrité du patrimoine, qui déterminent pr certains enfants...
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