Histoire

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  • Publié le : 4 juin 2012
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Le chant du juif assassiné
La peur, l’angoisse, la terreur horrible m’enserrent étroitement. Les wagons sont là, de nouveau !Partis hier soir, et de retour aujourd’hui, ils sont là, de nouveau là,sur le quai.Tu vois leur gueule ouverte ?La gueule ouverte dans l’horreur !Ils en veulent encore !Encore, de nouveau. Rien ne les rassasie.Ils sont là, ils attendent les Juifs.Quand les apporte-t-on?Affamés comme s’ils n’avaient encore jamais englouti leur Juif… Jamais… Mais oui ! ils en veulent encore, toujours plus.Ils en veulent encore.Ils sont là, attendant qu’on leur prépare la table,Qu’onserve le repas, qu’on serve des Juifs autant qu’il en pourra entrer.Des Juifs !Vieux peuple aux enfants tout jeunes, jeunes et frais,Grappes jeunes sur un vieux cep ; et des vieillards comme le vin fortest vieux.Ils étaient pleins pourtant, gavés, étouffés de Juifs !Les morts debout, serrés, coincés entre les vivants,Les morts debout sans toucher le sol à force d’être serrés, Sans que l’on puissevoir dans la masse lequel est mort et lequel est vivant.La tête du mort, comme une tête vivante, se balançait de-ci de-là,Et sur le vivant coulait déjà la sueur de la mort.L’enfant réclame à boire à samère, morte, une goutte d’eau,Il lui frappe la tête de ses petites mains, pleurant parce qu’il a chaud.Wagons vides ! Vous étiez pleins et vous voici vides à nouveau,Où vous êtes-vous débarrassés devos Juifs ?Que leur est-il arrivé ?Ils étaient dix mille, comptés, enregistrés – etvous voilà revenus ?Ô dites-moi, wagons, wagons vides, où avez-vous été ?Vous venez de l’autre monde, je sais, il nedoit pas être loin:hier à peine vous êtes partis, tout chargés, etaujourd’hui vous êtes déjà là !Pourquoi tant de hâte, wagons ?Avez-vous donc si peu de temps ?Vous serez bientôt, comme moi, desvieillards,bientôt brisés et gris.Voir tout cela, regarder et entendre… Malheur !Comment pouvez-vous le supporter, même faits de fer et de bois ? Ô fer, tu étais enfoui dans la terre, profond, ô fer...
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