Irrigation traditionelle

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  • Publié le : 21 novembre 2010
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L’irrigation traditionnelle au Maroc

INTRODUCTION

DE FAIBLES PRÉCIPITATIONS ET UNE FORTE CHALEUR CONSTITUENT DES PROBLÈMES CHRONIQUES AUXQUELS SONT CONFRONTÉS LES PAYS DU MAGHREB ET NOTAMMENT LE MAROC. PARALLÈLEMENT À LA GRANDE HYDRAULIQUE FAVORISÉE PAR L’ETAT MAROCAIN, L’IRRIGATION TRADITIONNELLE EST BIEN LOIN D’ÊTRE NÉGLIGEABLE PUISQU’EN 1995 ELLE REPRÉSENTAIT 650 000 HA CONTRE 550000 HA POUR LA GRANDE HYDRAULIQUE. L’AGRO-SYSTÈME EST TRIBUTAIRE DU FONCTIONNEMENT DE CES TECHNIQUES ANCIENNES. TOUTEFOIS, DEPUIS QUELQUES DÉCENNIES, LA MOTOPOMPE EST VENUE REMETTRE EN CAUSE CETTE ORGANISATION SOCIALE. AINSI, L’IRRIGATION TRADITIONNELLE EST-ELLE ENCORE UN FACTEUR DE COHÉSION SOCIALE AU SEIN DES COMMUNAUTÉS D’IRRIGANTS ? POUR RÉPONDRE À CETTE PROBLÉMATIQUE, IL CONVIENT TOUT D’ABORDDE PRÉSENTER LES DIFFÉRENTES MÉTHODES ET LEUR FONCTIONNEMENT. IL SEMBLE ENSUITE INDISPENSABLE DE S’INTÉRESSER À LA RÉVOLUTION CAUSÉE PAR LA MOTOPOMPE. ENFIN, NOUS VERRONS QUE L’EAU FAIT L’OBJET DE NOMBREUSES APPROPRIATIONS ABOUTISSANT À DES LITIGES.

une pratique ancestrale

LES DIVERSES TECHNIQUES D’IRRIGATION

Réseaux de transport de l’eau superficielleDeux méthodes existent pour collecter les eaux de surface, le système de la séguia étant prédominant.
La séguia est un canal d’irrigation qui permet d’amener l’eau prise dans l’oued à l’aide d’une digue rudimentaire (ougoug) vers les parcelles à irriguer. Le système séguia s’organise en de multiples canaux répartiteurs, ce qui implique une certaine hiérarchie : la séguia principale qui està la base du système et les séguias secondaires et tertiaires qui sont des rigoles de distribution (mesref). Par ailleurs, deux types de séguias existent :
- les séguias traditionnelles en terre : elles sont peu étanches, nécessitent un entretien permanent et présentent une faible résistance aux crues.
- les séguias bétonnées : elles limitent les pertes par infiltration(évaporation) et en épousant les courbes de niveau, elles permettent une augmentation de la superficie irriguée.
Ces séguias sont essentiellement localisées dans les oasis (Boumalne-sur-Dadès), les plaines ou les gorges comme celles du Haut-Dadès ou du Ziz (voir Fig.2).

Les ma’ader constituent une méthode d’inondation des parcelles. Ce système utilise les eaux de crues qui transitent vers lesdépressions. Des levées de terre sont alors érigées afin de répandre l’eau dans les champs. Cette technique d’épandage repose sur une structure en « arête de poisson » (voir Fig.3). Toutefois, la primauté de la séguia, la construction de barrages et la sécheresse récente font que cette méthode est devenue obsolète. Elle se trouve surtout sur les piedmonts méridionaux de l’Anti-Atlas et du Haut-Atlas.Utilisation des nappes souterraines

La khettara est une méthode utilisée dans tout le monde arabe et connue sous des appellations différentes (foggara en Algérie, Qanat en Iran). Une khettara est un alignement de puits reliés entre eux par une galerie drainante. Ces puits, espacés de 5 à 30 mètres, facilitent l’entretien, et a fortiori le

déblaiement, de ce canalsouterrain. Une fois l’aquifère atteint, la galerie devient drainante et l’eau peut s’écouler par gravité de l’amont (piedmont) vers l’aval (oasis). L’avantage majeur de ce système est qu’il limite la perte d’eau par évaporation (voir Fig.4 et 5).Les khettaras se situent dans le Haouz près de Marrakech et dans la partie méridionale de l’Atlas ( oasis de Tinejdad).

Les principes defonctionnement

L’organisation d’un secteur irrigué par un réseau de séguias

Le système d’irrigation traditionnelle fait l’objet d’une organisation dictée par le droit coutumier. Il faut tout d’abord souligner la priorité de l’amont sur l’aval en ce qui concerne les prélèvements d’eau. Par exemple, dans la région du M’Goun, les douars d’amont ont la possibilité d’utiliser l’eau...
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