Joseph conrad , le compagnon secret

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  • Publié le : 7 avril 2011
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Joseph Conrad , Le compagnon Secret

L'œuvre , dont est extrait le passage sur lequel nous allons travailler , a été écrite pas Joseph Conrad et traduite de l'anglais par Odette Lamolle en 1996.
Ce passage narre la fin du récit , la fin d'un périple hasardeux pour le héros et narrateur ,capitaine du bateau, qui cache durant toute l'œuvre dans sa cabine un fugitif accusé de meurtre nomméLegatt.
En effet , Leggatt quitte le bateau avec la complicité du capitaine dans l'espoir de gagner à la nage une côte salvatrice , tandis que le bateau évite de justesse , grâce au capitaine , de s'échouer sur le massif Koh-Ring.
Comment Joseph Conrad parvient il à mener son œuvre sur une fin ouverte et annonce un renouveau ?
Cet extrait marque la fin de la trame principale de l'histoire , la finde la dualité entre le capitaine et le fugitif mais aussi la fin de la distance qui s'opérait dans le trio du capitaine , de son équipage , et du bateau. Plongés dans une atmosphère étrange , nous assistons au démantèlement d'un duo et au commencement complice d'un trio.

Conrad nous plonge dans une atmosphère particulière et inquiétante , dans une situation dangereuse que le narrateur ,personnage du capitaine , ne contrôle pas lui même.
On voit un fort champ thématique du mystérieux : « menaçante » , « silence » , « inquiétante » , «  lueur phosphorescente » , « malédiction » , « stigmate » , « silencieux » , « obscurité » ou encore «  portes de l'enfer » et « portail de la nuit éternelle ». On comprend bien que la vie de l'équipage et de son capitaine tient à peu de choses , lebateau passe très près de Koh-Ring qui annonce alors leur mort certaine.
L'attitude du capitaine jusqu'à l'arrivée du chapeau n'est pas rassurante , il est inquiet , et se pose beaucoup de questions , son esprit est tracassé tantôt par son complice qui doit quitter le bateau à la nage pour rejoindre la côte , tantôt par le bateau qui se rapproche dangereusement de la falaise : on remarque en effetque le narrateur se pose huit questions de «  peut être était-il déjà parti ? » à «  qui l'eût cru ? » ce qui est un nombre conséquent dans un court extrait.
Le rapport aux éléments est très intense , la mer et la terre sont des thématiques très présentes dans l'œuvre de Conrad , et dans cet extrait les deux éléments sont très proches de se rencontrer , or s'ils se rencontrent cela signe la mortde l'équipage. La Nature s'impose dans l'atmosphère de l'extrait comme le danger qui guette les Hommes , et plus particulièrement les marins : «  masse surplombante » , « gorge montagneuse «  , «  terre » , « eau plate » , «  vent » ,«  masse noire et menaçante ». Le silence vient s'ajouter à cette atmosphère troublante , on le voit aux deux occurrences : « silencieux » , « silencieuse » .
Lesphrases sont courtes , et les temps oscillent entre le passé simple qui signe l'action et l'imparfait. L'œuvre habitue son lecteur à une ambiance mystérieuse , dangereuse , mais les actions sont très peu nombreuses. Cette action , sûrement la plus importante du roman , ne laisse pas de répit au lecteur qui est pris dans la tourmente , dans le temps qui est compté , à l'image des marins et ducapitaine qui doivent réagir vite s'ils ne veulent pas mourir. Le lecteur , à travers les pensées du personnage , est confronté à deux angoisses : la fuite de Leggatt et le risque de naufrage du navire.

Cette atmosphère semble nécessaire , elle annonce le deuil du double. Le capitaine quitte Legatt , soit celui qu'il a assimilé à un jumeau depuis leur rencontre. Le fugitif abandonne son complice afinqu'ils continuent tous deux leurs destins.
Ils restent dans la notion de double , de parallélisme jusqu'à la disparition de Legatt. En effet , Legatt à travers l'abandon du chapeau sauve la vie du capitaine , comme le capitaine avait sauvé la sienne en le cachant sur son bateau. Leurs adieux ne sont pas tristes , douloureux , le capitaine le reconnaît lui même : «  c'est à peine si j'eus une...
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