Julien gracq

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  • Publié le : 13 août 2010
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Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier, né le 27 juillet 1910 à Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire) et mort le 22 décembre 2007 à Angers, était un écrivain français.

Si Au château d'Argol, son premier roman, fortement influencé par le romantisme noir et par le surréalisme, avait attiré l'attention d'André Breton, c'est avec Le Rivage des Syrtes, et surtout le spectaculaire refus deson auteur de recevoir le prix Goncourt en 1951, que Julien Gracq s'est fait connaître du public. Reconnaissance paradoxale pour cet écrivain discret qui s'est effacé derrière une œuvre protéiforme et originale, en marge des courants dominants de la littérature de son époque (voire en opposition), qu'il s'agisse de l'existentialisme ou du nouveau roman. Après avoir abandonné l'écriture de fiction,Julien Gracq publie à partir de 1970 des livres qui mélangent bribes d'autobiographie, réflexions sur la littérature et méditations géographiques.

Traduites dans vingt-six langues, étudiées dans des thèses et des colloques, proposées aux concours de l'agrégation, publiées dans la Bibliothèque de la Pléiade, les œuvres de Julien Gracq ont valu à leur auteur une consécration critique presque sanséquivalent à son époque.
Sommaire
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* 1 Biographie
o 1.1 Les années de formation
o 1.2 Un écrivain « tardif »
o 1.3 La période de la guerre
o 1.4 De 1945 au Rivage des Syrtes
o 1.5 La théorie et la pratique de la littérature
o 1.6 La consécration critique
* 2 Quelques aspects de l'écrivain
o 2.1L'écriture-mouvement
o 2.2 La maturation de l'écriture
o 2.3 Les fictions
o 2.4 La littérature fragmentaire
* 3 Préférences et réticences
o 3.1 Le surréalisme
+ 3.1.1 La figure d'André Breton
+ 3.1.2 Portée du surréalisme
+ 3.1.3 Limites de l'engagement surréaliste
o 3.2 Critique de la critiquelittéraire
* 4 Œuvres
o 4.1 Bibliophilie
o 4.2 Discographie
o 4.3 Adaptations
* 5 Annexes
o 5.1 Bibliographie
+ 5.1.1 Ouvrages
+ 5.1.2 Revues et ouvrages collectifs
o 5.2 Liens externes
o 5.3 Notes et références

Biographie [modifier]
Les années de formation [modifier]
La Loire dansla région natale de Julien Gracq

Second enfant d'un couple de commerçants aisés (qui ont eu une fille, Suzanne, née neuf ans plus tôt, et à laquelle il restera très attaché), Louis Poirier est né le 27 juillet 1910 à Saint-Florent-le-Vieil, petite ville des bords de Loire, entre Angers et Nantes, où ses ancêtres paternels sont installés depuis plusieurs siècles[1]. Il y passe une enfanceheureuse et campagnarde, expliquera-t-il plus tard, dont les premiers souvenirs sont associés à la lecture (il découvre très jeune les œuvres de Fenimore Cooper, d'Erckmann-Chatrian, d'Hector Malot, et surtout de Jules Verne, qui « a été la passion de lecture de toute [s]on enfance ») et à la présence, en arrière-plan, de la guerre, qui ne le touche pas directement, personne dans sa famille n'étantmobilisé[2].

En 1921, à l'issue de ses études primaires, il est envoyé à Nantes, où il devient interne au Lycée Georges-Clemenceau. Immédiatement, il se prend à détester la vie d'internat, qui lui apparaît comme pesante et odieuse[3]. La découverte du Rouge et le Noir de Stendhal, dont la lecture le bouleverse, lui donne le modèle et le mode d'emploi de la révolte qui restera la sienne tout au longde son existence : une fin de non-recevoir, froide et délibérée, mais purement intérieure, assénée à l'ordre du monde social[4].

Louis Poirier est toutefois un élève brillant, qui est admis en classe préparatoire en 1928 au Lycée Henri-IV à Paris, où il suit les cours de philosophie d'Alain. Il découvre à cette époque l'art moderne, le cinéma, et la littérature contemporaine (Paul Valéry,...
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