La chine

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  • Publié le : 2 avril 2011
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La Chine : De l'éclatement à la centralisation

Si l'on veut étudier les relations entre l'économie et l'espace chinois, il ne faut pas lui appliquer un certain nombre de représentations occidentales. L'idée d'ouverture est bien un concept européen voire américain, qui n'a pas de sens en soi dans l'histoire ou dans l'espace chinois.
Se percevant comme un centre, la Chine n'a pas besoin des'ouvrir ou de se fermer, dans la mesure où ce centre correspond à un modèle unique. Percevoir le monde comme multipolaire suppose qu'on considère qu'il existe un monde en dehors de soi à copier (modèle japonais) ou à conquérir (modèle européen). Rien de cela n'a de sens dans l'histoire de ce pays qui est peut-être le plus vieux du monde.
Dès lors l'ouverture n'est qu'une forme particulière decentralisation ou plutôt un moyen de redonner du sens au centre, l'ouverture est un recentrage vers les vil-les, qui peut apparaître à nos yeux comme un déséquilibre mais qui pourrait autant s'interpréter comme une volonté de replacer la Chine comme un nouveau centre, avec ces nouveaux centres à l'échelle régionale ou locale.
Cela apparaît autant comme une ligne de force de l'histoire du pays quecomme une logique géographique allant de soi. Le pays- continent ne peut se gérer qu'à partir d'un centre. Sa problématique reste toujours le contrôle des marges et l'unité, alors même que la Chine est avant tout une mosaïque de pays. Il faut comprendre la force de cette idée de centre, qui ne correspond pas nécessairement à un centre géométrique (quoiqu'on verra au fur et à mesure de cet exposé lesatouts de la Chine de l'Intérieur), mais qui est le seul moyen de donner de la cohésion à un ensemble de 1,3 milliard d'individus et de 9 millions de km2. La Chine n'est donc pas un pays fermé mais bien autocentré.
Dans ce monde autocentré l'individu n'a pas l'initiative de l'occupation de l'espace. S'il appartient au groupe dominant, les « Hans », il est considéré comme étant au centre de lasociété chinoise. Cette centralisation se manifeste géographiquement par la concentration des populations dans les anciennes « 18 provinces », autant que par une très forte centralisation administrative et politique. Même à l'échelle locale, chaque quartier est un petit centre en soi, refermé sur lui-même. On trouve cela autant dans les « Chinatowns » des villes occidentales que dans les « lilongs »,petits quartiers clos à circulation interne du centre de Shanghai.
C'est pourquoi seul le groupe, manifesté par l'État est à même de prendre en compte et de réaliser l'unité du pays.
I. L'espace éclaté
a) La diversité régionale
Comment ne pas se perdre dans la diversité de cet État aux multiples provinces, régions autonomes, villes à statut spécial, le tout sur plus de 9 millions de km2 deterritoire tout aussi varié. De manière presque barbare (surnom que les Chinois donnent à tout ce qui n'est pas « Han » à savoir tout ce qui n'est pas de souche chinoise), nous pouvons regrouper la Chine en six régions :
( Le Nord-Est (Heilongjiang, Jilin, Liaoning) : de vieilles régions industrielles
Il s'agit d'une des premières régions industrialisées de la Chine. Au début des années 1930, aprèsl'invasion des Japonais, ceux-ci y avaient installé quelques-unes de leurs industries. De plus, au début des années 1950, au commencement du régime communiste, les Soviétiques ont grandement contribué à l'essor de cette région voisine de l'URSS.
On retrouve surtout l'industrie lourde dans cette région. La province de Liaoning est spécialisée surtout dans l'aciérie, la province de Jilin dansl'industrie de l'automobile, alors que la province de Heilongjiang fabrique surtout des machines-outils.
Cet ensemble de 3 provinces est structuré par un axe ferroviaire datant de l'occupation japonaise, reliant les principales villes industrielles (du nord au sud, Harbin, Changchun et Shenyang) au débouché portuaire de la Mer Jaune Dalian, le tout formant ce qu'on a longtemps appelé le « couloir...
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