La dent d'or

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  • Publié le : 13 avril 2011
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La dent d’or

Ce texte est extrait de l’Histoire des oracles, essai écrit par Fontenelle en 1686. L’auteur y montre un certain nombre de comportements irrationnels fondés sur les croyances, les préjugés. Il s’efforce de démonter les mécanismes qui conduisent les hommes à accepter facilement ce qui les sécurise et à chercher de manière peu pertinente la cause de phénomènes dont l’authenticitén’a pas été vérifiée.
Le texte de La dent d’or est tout à fait exemplaire. Partant d’une recommandation qui est la base même de la démarche scientifique, Fontenelle poursuit avec une anecdote qui illustre sa thèse ; et termine par une généralisation appliquée à trois domaines.

I La thèse

Dés la première phrase, l’auteur montre la tentation intellectuelle que l’on peut avoir d’expliquer lesphénomènes étranges par l’intervention de créatures maléfiques surnaturelles ; ce qui se heurte à l’exigence suprême de vérité. Il s’ensuit une phrase très courte essentielle car elle énonce la thèse à travers une forme injonctive (impérative) : « Assurons-nous bien du fait, avant de nous inquiéter de la cause », le "nous" impliquant la communauté des lecteurs et l’auteur lui même. Lui non plus n’estpas à l’abri de cette erreur.
Fontenelle cependant est conscient des difficultés d’entreprise parce que cela va à l’encontre de l’attitude naturelle : « Il est vrai que cette méthode est bien lente pour la plupart des gens, qui courent naturellement à la cause, et passent par-dessus la vérité du fait ». L’homme naturellement a tendance à se précipiter, comme le montrent les métaphores : « courentà la cause » et « passe par-dessus ». Cette précipitation va à l’encontre de la démarche scientifique qui au contraire est "lente".
L’exposé de cette thèse se termine de manière humoristique sur le risque d’absurdité que fait courir le non-respect de cette démarche.

Et pour prouver ce qu’il vient d’énoncer, Fontenelle raconte une anecdote qui a valeur d’apologue (récit court et plaisantcomportant une morale, argumentation indirecte  directe ? Cf. contes philosophiques)

II L’apologue de la dent d’or

1) Introduction

Il est annoncé par une petite phrase introductive qui conserve le ton humoristique : « Ce malheur arriva si plaisamment » avec le contraste qu’il y a entre le mot pathétique de « malheur » et l’adverbe « plaisamment » qui corrige immédiatement l’impression. Etl’auteur s’implique pour se faire narrateur : « je ne puis m’empêcher d’en parler ici ».

2) L’anecdote en elle-même

Elle se caractérise par la précision de l’événement, par l’insistance sur les états pseudo scientifiques et par le regard ironique de l’auteur.

a) L’évènement précis

• La précision chronologique : « en 1593 », « en 1595 », « en la même année » et « deux ans après ».
• Le lieu: en Allemagne
• Les personnages : l’enfant de Silésie, 7 ans ; et les savants avec leurs noms et leurs titres. Ils sont nombreux, ce qui met en valeur le déploiement d’activités intellectuelles qui est très important.

b) Les étapes pseudo scientifiques

D’entré de jeu, la démarche est faussée : « le bruit couru que » ; il s’agit donc d’une rumeur qui part d’un fait banal, naturel : unenfant de 7 ans qui perd ses dents, pour amener un fait complètement irrationnel sans rapport logique et sans transition : « il lui en était venu une d’or ».
Et c’est à partir de cette rumeur, sans aucune transition, que un savant « écrivit… et prétendit » que l’on avait affaire à un miracle, sans aucun rapport avec l’évènement de départ : un enfant n’a rien à voir avec les chrétiens et les turcs, etla chute des dents ou l’arrivée de la dent d’or avec l’action de consoler.
Par la suite, l’activité des autres savants va être décrire : le verbe apparaît trois fois dans le texte, avec en plus l’apparition d’une polémique (discussion vive) stérile : « écrit contre le sentiment », « fait aussitôt une belle et docte réplique » et « ramasse tout ».

c) Le regard ironique de l’auteur...
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