La dette publique libanaise

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  • Publié le : 17 décembre 2011
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La dette publique libanaise
Causes et remèdes

I – Introduction : l’état des Finances publiques au Liban
I.1 – Le volume et la structure de la dette publique libanaise
I.2 – Le déficit public

II – Aux origines de la dette publique libanaise
II.1 – Les conséquences de la guerre civile
II.2 – La politique de reconstruction adoptée par Hariri
II.3 – Les conséquences de la politiquemonétaire


III – Comment sortir de l’impasse
III.1 – Les remèdes prévus et/ou appliqués par le gouvernement
III.1.1 – La réunion de Paris II
III.1.2 – La situation actuelle
III.2 – Les autres solutions possibles

I – Introduction : l’état des Finances publiques au Liban

I.1 – Le volume et la structure de la dette publique libanaise

Au 31 décembre 2004, la dette publiquelibanaise atteignait 35.9 milliards de dollars soit 180 % du PIB. Libellée à 48,8% en livres libanaises et à 51,2% en devises étrangères.
La dette interne est répartie sur les créanciers suivants : les banques locales (46,3% de la dette totale), la Banque centrale (40,4%) et d’autres organismes non-bancaires (13,3%). Quant à la dette externe, elle est répartie de la façon suivante : 6,9% prêtés pardes institutions de développement internationales, 2,7% par des gouvernements étrangers, et 85,6% par des agences gouvernementales, des institutions bancaires et non bancaires résidents et étrangers et par des particuliers.
Le danger que représente cette somme astronomique est difficilement palpable, il reste dans le domaine de l’abstrait pour la plupart des Libanais. Cette dette n’en demeure pasmoins l’obstacle macroéconomique principal à la reprise de la croissance. Car les besoins de financement de l’Etat sont tels qu’ils captent tous les fonds disponibles, privant les entreprises de crédit et empêchant tout investissement.
En effet, le danger que représente l’ampleur de la dette publique libanaise ne se réduit pas au simple chiffre à dix zéros ! D’aucuns s’accordent à affirmer quecette dette est le principal obstacle à une vraie reprise d’une croissance durable et saine, et ce pour plusieurs raisons.
Premièrement, le service de la dette accapare une large partie des recettes de l’Etat, réduisant par là la marge de manœuvre des pouvoirs publics, à une époque où le Liban a urgemment besoin d’un Etat fort et interventionniste, surtout après les ravages de la guerre et lalourde tâche de la reconstruction. L’Etat libanais doit donc faire face à des dépenses supplémentaires, pour assurer la reconstruction et la mise à niveau des infrastructures, et honorer ses créances qui se font de plus en plus croissants. Cette situation provoque non seulement un déficit public anormal (en comparaison aux standards internationaux), mais prive aussi le secteur privé de ressourcescruellement indispensables. Ainsi selon les tenants de la théorie classique, le financement du déficit budgétaire par emprunt entraîne une hausse des taux d’intérêt qui chasse l’investissement des entreprises. La hausse de la demande publique a donc pour contrepartie une baisse de la demande privée. L’effet sur la production est au mieux nul, il peut être négatif si on considère que la productivité del’investissement public est inférieure à celle de l’investissement privé. L’effet d'éviction peut être réduit par un appel à l’épargne étrangère mais celui-ci entraîne une hausse du taux de change préjudiciable aux exportations.
Par ailleurs, si l’on se réfère aux théories interventionnistes, le déficit public libanais n’a rien d’une mesure keynésienne. Il se réduit à une simple « fuite en avant» d’un Etat qui tente de rembourser une dette énorme dont la majeure partie est générée par la pratique de taux d’intérêts dont l’ampleur avait frôlé, dans les années 90, des niveaux aussi élevés que l’on peut la qualifier de dette usurière !
Nous remarquons donc que, loin du débat théorique conventionnel opposant les keynésiens aux néo-libéraux, la situation des finances publiques au Liban ne...
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