La grtuite c'est du vol

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  • Publié le : 31 janvier 2009
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L’honnêteté ne consiste pas à ne jamais voler, mais à savoir jusqu’à quel point on peut voler, et comment faire bon usage de ce qu’on vole », Antoine de Saint-Exupery

La controverse persistante, et portant sur l’effectivité du droit de la propriété intellectuelle dans un contexte dématérialisé revêt une acuité certaine lorsqu’il est question de peer-to-peer, et spécifiquement detéléchargement illégal. Les manifestations de cette radicalisation apparaissent en gros titre dans la presse « la propriété intellectuelle c’est le vol », ou au contraire « la gratuité, c’est le vol ». On en revient même à opposer les communistes aux ulta-libéraux, les « thuriféraires de la libre circulation des œuvres » aux « partisans du déploiement sans barrières de la concurrence et du consumérisme » ….Comme si « la fin de l’histoire » (Fukuyama) préfigurant la fin des grandes idéologies, ayant débuté à la chute du mur de Berlin, se trouvait bousculée avec la survenance de nouvelles problématiques inhérentes aux nouveaux procédés d’échange et de communication … Egalement, l’idée de gradation et de hiérarchisation dans la culture resurgit pour légitimer soit la gratuité des biens de divertissement,soit au contraire la rémunération des auteurs d’œuvres intellectuelles. Cette distinction, caractérisée par une inapplicabilité avérée, veut battre en branche la marque actuelle du tout culturel , ce qui paradoxalement reflète la pensée portée par les populistes Russes du XIX siècle : « une paire de bottes vaut Shakespeare ». Le lecteur averti ne saurait manquer de s’interroger sur les motifsde résurgence, ou de déplacement de ces clivages idéologiques, qui semblaient fondamentalement résolus depuis longue date. En réalité, force est de remarquer que la généralisation de nouveaux standards de communication et d’acquisition de contenus audiovisuels légitime des interrogations sur cette question de la portée de la protection conférée par le droit de la propriété intellectuelle surl’internet.

Mais, quelle gratuité ?, et quel vol ? Le titre de l’ouvrage objet de la présente étude apparait bien généraliste, compte tenu de la étendue de la thèse de l’auteur, limitée au téléchargement illégal. De plus, les évolutions actuelles du marché contredisent certaines prises de position de l’auteur.

En tout état de cause, les réflexions sur l’économie numérique dans un contextedématérialisé abondent, alors que le droit s’empêtre dans des concepts vite dépassés, au détriment des exigences de sécurité juridique et d’intelligibilité de la loi. Cette insécurité juridique patente a suscité des réactions de mouvements divers, ayant pour seul trait commun d’être consommateur. L’objectif est bien de repenser les mécanismes censés garantir l’équilibre entre la juste rémunération dutravailleur intellectuel et les droits du consommateur.

Selon Denis Olivennes, ci-après « l’auteur », la culture de la gratuité, inhérente à l’Internet, menace gravement l’industrie culturelle, et au final, le travailleur intellectuel. Ce dernier serait, en définitive, littéralement spolié (I). A l’inverse, la gratuité des œuvres participe de « la révolution de la connaissance », de ladémocratisation culturelle la plus aboutie, et ainsi de l’intérêt général (II). En synthèse, cette étude ne saurait éluder les perspectives qu’offre le constat des évolutions de ce marché, dynamique, réactif, en constante adaptation. (III).

I. L’INCOMPATIBILITE DE LA CYBER-GRATUITE AVEC L’IDEE DE CREATION / PROMOTION CULTURELLE
La thèse de l’auteur peut être présentée ainsi :

Internet démonétise etdévalorise les œuvres car il introduit un changement de perception sur celles-ci ;
cela n’est pas le fait de l’hégémonie américaine, ni de la massification et la standardisation du marché des œuvres culturelles ;
le téléchargement illégal, principalement, menace l’œuvre créatrice quant à son entreprise, son intention, et sa diversité.
il faut repenser l’œuvre d’art à l’époque de la...
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