La mauritanie, du « nomad's land » à la mondialisation.

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  • Publié le : 21 juin 2010
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La Mauritanie, du « nomad’s land » à la mondialisation.

Document 1 :

1960 : un État, une nation, une capitale. La Mauritanie naît et avec elle surgit du sable Nouakchott. Personne ne s’attendait à voir apparaître si rapidement et en pareil lieu une agglomération de cette taille. Avec ses 800 000 habitants (soit un Mauritanien sur quatre), la capitale mauritanienne s’impose désormais commela plus grande ville du Sahara. Récemment encore, la Mauritanie n’était évoquée que pour ses hommes bleus, son système tribal, ses dunes et ses chameaux. Dans cette représentation perçue comme immuable, Nouakchott apparaissait comme une capitale politique créée ex-nihilo, habitée par des nomades victimes de sécheresses et sédentarisés sous la contrainte. Pareilles visions traditionnelles de laMauritanie et de sa capitale sont aujourd’hui tout bonnement dépassées.
Ces dernières années, la Mauritanie semble être provisoirement entrée dans une phase particulière, proche de l’état de « transe » qui mêle exaltations fébriles et vives inquiétudes. Transition démocratique avortée, transactions financières liées aux investissements pétroliers, transit de migrants qui tentent l’aventure versl’Europe, transformations des paysages urbains avec la croissance économique, transferts d’argent de la diaspora mauritanienne, transit encore de stupéfiants et de marchandises illégales. Le préfixe « trans » rend ici compte, dans sa dimension spatiale, des diverses circulations de personnes, de biens et d’idées qui traversent le pays et, dans sa dimension temporelle, de transformations sociales etpolitiques. A l’évidence, ces nombreux changements se conjuguent, se condensent et s’expriment à Nouakchott, qui donne à voir cette phase liminaire de « transe ». Une certaine forme d’effervescence s’observe dans ses rues et les comportements de ses citadins. Effervescence mais également anxiété car si un seuil s’apprête à être franchi, nul ne connaît pour l’instant la direction à prendre, pas plus quel’issue […].
CHOPLIN A., Nouakchott (Mauritanie), une capitale nomade ?, 2009.

Document 2 :

CHOPLIN A., Nouakchott au carrefour de la Mauritanie et du Monde, 2008.

Document 3 :
Dès 1974, devant l’afflux massif de populations, les autorités prennent l’initiative de distribuer gratuitement des lots de recasement. Mais cette solution ne suffit pas : les parcelles sont immédiatement cédéespar les bénéficiaires. Ne disposant pas de moyens suffisants pour construire en dur, ils les revendent pour s’installer quelques mètres plus loin, de nouveau dans l’illégalité. Les populations prennent conscience que la revente de parcelles peut fournir facilement et rapidement une importante source de revenu. Le cercle vicieux de la spéculation est enclenché.
Depuis cette époque cohabitent dansle paysage nouakchottois deux types d’habitat spontanés : les kebbe et la gazra. A priori rien ne les distingue : tous deux se caractérisent par un habitat précaire et sont l’illustration parfaite du bidonville. Pourtant, la gazra n’est pas occupée exclusivement par les couches sociales les plus démunies. Les demeures construites en dur y sont plus nombreuses. Certains individus, y comprisrelativement aisés, cherchent à obtenir des terrains, et pour ce faire, érigent illégalement une petite pièce en banco. Ils squattent les terres en vue d’obtenir un bout de parcelle lors des prochaines distributions étatiques. Quasi institutionnalisé, le phénomène d’occupation illégale s’observe aujourd’hui dans tous les quartiers de Nouakchott : l’espace public est régulièrement morcelé, bradé ouenvahi.
PITTE J.-R., Nouakchott, capitale de la Mauritanie, P.UF., 1977.

Document 4 : Le kebbe à la conquête des dunes (commune de Dar Naim)
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Source : A. CHOPLIN.
Document 5 : Extension spatiale de Nouakchott (1950-2008).

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Document 6 : Nouveau quartier de haut-Standing (commune de Tevragh-Zeïna).

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Ce quartier appelé « Socogim-plage » porte le nom de la société...
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