La mort du loup

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  • Publié le : 2 mai 2011
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s nuages couraient sur la lune enflammée
Comme sur l'incendie on voit fuir la fumée,
Et les bois étaient noirs jusques à l'horizon.
Nous marchions sans parler, dans l'humidegazon, Dans la bruyère épaisse et dans les hautes
brandes,
Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des
Landes,
Nous avons aperçu les grands ongles marqués
Par les loupsvoyageurs que nous avions traqués. Nous avons écouté, retenant notre haleine
Et le pas suspendu. -- Ni le bois, ni la plaine
Ne poussait un soupir dans les airs ; Seulement
Lagirouette en deuil criait au firmament ;
Car le vent élevé bien au dessus des terres,
N'effleurait de ses pieds que les tours solitaires, Et les chênes d'en-bas, contre les rocspenchés,
Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.
Rien ne bruissait donc, lorsque baissant la tête,
Le plus vieux des chasseurs qui s'étaient mis en
quête
A regardé lesable en s'y couchant ; Bientôt, Lui que jamais ici on ne vit en défaut,
A déclaré tout bas que ces marques récentes
Annonçait la démarche et les griffes puissantes
De deuxgrands loups-cerviers et de deux
louveteaux.
Nous avons tous alors préparé nos couteaux, Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop
blanches,
Nous allions pas à pas en écartantles branches.
Trois s'arrêtent, et moi, cherchant ce qu'ils
voyaient,
J'aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,
Et je vois au delà quatre formes légères
Qui dansaientsous la lune au milieu des
bruyères,
Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos
yeux, Quand le maître revient, les lévriers joyeux.
Leur forme était semblable et semblablela
danse ;
Mais les enfants du loup se jouaient en silence,
Sachant bien qu'à deux pas, ne dormant qu'à
demi, Se couche dans ses murs l'homme, leur ennemi.
Le père était
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