La peau de chagrin raphael et l'antiquaire

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  • Publié le : 24 novembre 2010
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Texte d’étude

Le jeune héros du roman, Raphaël de Valentin, rencontre dans un mystérieux magasin d'antiquités le propriétaire des lieux. Nous découvrons alors un étrange personnage ...

Figurez-vous un petit vieillard sec et maigre, vêtu d'une robe en velours noir, serrée autour de ses reins par un gros cordon de soie. Sur sa tête, une calotte en velours également noir laissaitpasser, de chaque côté de la figure, les longues mèches de ses cheveux blancs et s'appliquaient sur le crâne de manière à rigidement encadrer le front. La robe ensevelissait le corps comme dans un vaste linceul, et ne permettait pas de voir d'autre forme humaine qu'un visage étroit et pâle. Sans le bras décharné, qui ressemblait à un bâton sur lequel on aurait posé une étoffe et que le vieillard tenaiten l'air pour faire porter sur le jeune homme toute la clarté de la lampe, ce visage aurait paru suspendu dans les airs. Une barbe grise et taillée en pointe cachait le menton de cet être bizarre, et lui donnait l'apparence de ces têtes judaïques qui servent de type aux artistes quand ils veulent représenter Moïse. Les lèvres de cet homme étaient si décolorées, si minces, qu'il fallait uneattention particulière pour deviner la ligne tracée par la bouche dans son blanc visage. Son front ridé, ses joues blêmes et creuses, la rigueur implacable de ses petits yeux verts dénués de cils et de sourcils, pouvaient faire croire à l'inconnu que le Peseur d'or de Gérard Dow était sorti de son cadre.

Honoré deBalzac, La Peau de chagrin, 1830.

Commentaire littéraire : exercice

Exemple d'axe rédigé. Combien comporte-t-il de paragraphes ?
Quel est le rôle de chacun d’eux ?

Balzac propose un portrait précis et progressif en utilisant principalement un point de vue omniscient et une focalisation externe, pour mettre en évidence l’étrangeté dupersonnage.
Tout d'abord, le petit vieillard est décrit de façon globale, à travers son apparence physique générale : il est caractérisé par sa maigreur et par le vêtement qu'il porte, une sorte de grande robe noire qui 1'« ensevelissait comme un vaste linceul» (1. 4). Puis la description semble suivre le mouvement naturel du regard d'un spectateur anonyme, (Raphaël ou le lecteur), quidécouvre le personnage : en effet, après l'ensemble du corps, le narrateur attire notre attention sur le sommet de la tête, surmontée d'une « calotte en velours également noir » (1. 2), et dont le front est « rigidement encadré» par de « longues mèches» de « cheveux blancs» (l .3) Cette vaste robe ne laisse visibles que deux parties du corps : le visage, et « un bras décharné » qui, sortant de larobe, « ressemblait à un bâton sur lequel on aurait posé une étoffe» (1.6). L'effet produit par ce bras est d'autant plus saisissant que le vieillard le tient en l'air, pour mieux faire porter la lumière sur le jeune homme présent dans sa boutique : cette posture figée, théâtrale, accuse le contraste entre la pénombre et la couleur sombre des vêtements d'une part, et la pâleur du visage du vieillardd'autre part. Ce bras donne enfin une présence charnelle au vieillard; sans lui, son visage « aurait paru suspendu dans les airs » (1. 7). Cette évocation rapide et « naturelle » du vieillard en quatre plans successifs (silhouette - tête - corps - bras) ne constitue cependant que la première partie du portrait, puisque ce dernier est surtout destiné à mettre en relief le visage du vieilantiquaire.
La description détaillée du visage occupe, en effet, toute la seconde partie du texte ; après nous avoir donné un premier aperçu du personnage, le narrateur revient au visage pour attirer notre attention sur l'expression du vieillard. Pour cela, le narrateur décrit le visage en suivant une progression bien précise, de bas en haut, de la périphérie vers le centre (la barbe, les lèvres,...
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