La religion

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 84 (20922 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 25 septembre 2009
Lire le document complet
Aperçu du document
La Religion

Première partie.
Comment peut-on définir la religion ?
  
Pour définir la religion à partir du fait religieux, dans sa dimension historique, culturelle, on ne doit pas se borner à faire une description ou une collection des traits des religions existantes ou ayant existées. Il s’agit d’isoler ce qui est commun à l’ensemble des religions, ce qui vaut pour toutes. Dela sorte, on aura saisi ce qui est le propre du fait religieux. Ce qui n’exclut pas d’emblée que les religions possèdent le monopole de ce qui définit le religieux ou la religiosité.
Parmi l’ensemble des caractéristiques des religions, l’ensemble des choses auxquelles elles sont associées (la croyance en des forces surnaturelles, en des Dieux, en un Dieu, en l’immortalité…, les mythes, desdiscours sur les Dieux, le monde, l’âme, la morale et la politique…), il s’agit de savoir quels sont les éléments qui lui sont toujours associées, qui sont donc constitutifs de la religion comme telle, par opposition aux éléments qu’elles ne comportent pas toujours.
Et, puisqu’on peut aussi parler de religions et de cultes en dehors des religions immédiatement reconnues comme telles, la questionqui se pose est de savoir si cet emploi du terme religion est justifié lorsqu’il s’agit de religion sans dieu(x) ou s’il s’agit d’un usage illégitime, qu’une façon de parler, c’est-à-dire d’une transposition qui ne repose que sur une vague ressemblance
 
            I ) Le sacré.
      « Comme nous l'avons répété à plusieurs reprises, l'homme religieux assume un mode d'existencespécifique dans le monde, et, malgré le nombre considérable des formes historico-religieuses, ce mode spécifique est toujours reconnaissable. Quel que soit le contexte historique dans lequel il est plongé, l'homo religiosus croit toujours qu'il existe une réalité absolue, le sacré, qui transcende ce monde-ci, mais qui s'y manifeste et, de ce fait, le sanctifie et le rend réel. Il croit que la vie aune origine sacrée et que l'existence humaine actualise toutes ses potentialités dans la mesure où elle est religieuse, c'est-à-dire : participe à la réalité. Les dieux ont créé l'homme et le Monde, les Héros civilisateurs ont achevé la Création, et l'histoire de toutes ces œuvres divines et semi-divines est conservée dans les mythes. En réactualisant l'histoire sacrée, en imitant le comportementdivin, l'homme s'installe et se maintient auprès des dieux, c'est-à-dire dans le réel et le significatif.
II est facile de voir tout ce qui sépare ce mode d'être dans le monde de    l'existence d'un homme areligieux. Il y a avant tout ce fait : l'homme areligieux refuse la transcendance, accepte la relativité de la « réalité », et il lui arrive même de douter du sens de l'existence. »Mircea Eliade, Le Sacré et le Profane (1965), Éd. Gallimard, coll. «Folio», 1965, pp. 171-172.
 
Analyse :
Il s’agit de définir l’homo religiosus, c’est-à-dire le propre de l’attitude religieuse quelle que soit la forme qu’elle peut prendre. Attitude religieuse ou mode d’être propre à cette attitude, c’est-à-dire la façon spécifique mais universelle de vivre et de penser del’homme religieux.
Par-delà les croyances particulières et les pratiques propres à telle ou telle religion, ce qu’on observe toujours, c’est la croyance au sacré associée à celle de l’existence d’un absolu.
Explications : pour l’homme religieux, la réalité au sein de laquelle il vit est coupée en deux : d’un côté, il existe des objets, des lieux, des actes et des moments déterminés qui sontsacrés et de l’autre, tout le reste appartient au profane, c’est-à-dire à ce qui n’est pas sacré précisément. Toute la réalité n’est pas sur le même plan.
  Ce qui est tenu pour sacré, c’est ce qui inspire des sentiments d’effroi, de terreur et de vénération. Le sacré est donc subjectivement de l’ordre du sentiment.
Rq : Profaner, c’est traiter une chose sacrée comme si elle ne l’était...
tracking img