La russie perturbe-t-elle les relations internationales à la fin du xixème siècle

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  • Publié le : 11 novembre 2010
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La Russie perturbe-t-elle les relations internationales à la fin du XIXème siècle ?

La Russie d’Alexandre II, en 1871, est un pays doté d’un certain prestige, pouvant se prévaloir de figurer parmi les puissances représentant l’Ordre. Elle est appréciée de Bismarck, l’artisan des relations internationales de l’époque, en raison de son combat contre les Polonais. Cependant, une insertion sûre etacquise de la Russie dans le système voulu par le chancelier prussien qui correspond aux relations internationales d’alors, n’est pas chose certaine. En effet, la Russie est dubitative à propos de la mise en place du système d’alliance des pays de l’Ordre en raison de son antagonisme avec l’Autriche-Hongrie, les velléités d’expansion territoriale des deux empires étant semblables vers le sud del’Europe.
La Russie représente donc déjà en 1871 un défi pour Bismarck. Le chancelier prussien parviendra tout de même à mettre en place une alliance entre les Trois Empereurs en septembre 1872, inaugurant une nouvelle ère des relations internationales fondée sur le statu quo, mais il sait déjà que celle-ci n’est pas d’une solidité à toute épreuve.
Peut-on donc dire que l’établissement d’un systèmede relations internationales stables incluant la Russie est voué à l’échec ? La Russie, de par ses aspirations et son manque d’appréciation envers une puissance avec laquelle il a fallu qu’elle s’allie, constitue-t-elle un écueil mettant à mal l’établissement de relations internationales non conflictuelles après la guerre de 1871 ?
Nous verrons que c’est à partir de la guerre russo-turque que laRussie commence à se révéler être un obstacle dans la conduite de relations internationales stables puis nous constaterons que cet aspect de la Russie ne fait que se renforcer après le Congrès de Berlin de 1878 jusqu’à 1890.

I. La guerre russo-turque : des velléités belliqueuses au règlement du conflit, l’émergence d’une Russie qui gêne ses voisins européens.

- Lorsque la Russie s’engagemilitairement contre l’Empire Ottoman, les autres pays et puissances ne disent rien jusqu’au moment où les trop grandes ambitions russes viennent contrecarrer la neutralité des autres pays européens. Les Français et Anglais ont peur d’un effondrement total de l’Empire Ottoman (qui serait mauvais pour leurs finances), le Royaume-Uni a peur que les Russes se réinstallent dans les Détroits,l’Autriche-Hongrie refuse de laisser la Russie rafler la mise et Bismarck considère qu’une trop grande puissance de la Russie nuirait à son système d’alliances.

- Le traité de San Stefano, négocié entre le 12 février et le 3 mars 1878, doit achever la guerre russo-turque. La Russie se voit octroyer de nombreux avantages comme la nouvelle Bulgarie, même si déguisée en territoire non officiellement russe maisoù des divisions de l‘Empire sont autorisées à stationner. Le grand appétit russe (incarné par Ignatiev le panslaviste) pose alors problème à La Grande-Bretagne, l’Autriche-Hongrie, aux Balkaniques et à l’Allemagne, la France et l’Italie, de façon moins affichée, qui rejettent ce traité mettant en danger les relations internationales.

- La renégociation du traité rejeté de San Stefano a lieulors du Congrès de Berlin de 1878. L’Autriche-Hongrie se voit alors offrir l’accès au contrôle de territoires convoités par la Russie. La Russie va de nouveau poser problème dans les relations internationales mais plutôt passivement. En effet, La Russie sort lésée de ce Congrès en comparaison avec le traité de San Stefano. De plus, c’est l’Autriche Hongrie qui obtient des territoires (contrôle« provisoire »  de la Bosnie-Herzégovine). Il est donc clair que l’entente des Trois Empereurs est morte, d’autant plus que la Russie en veut aussi à l’Allemagne. Il apparaît alors que la Russie ne voudra vraisemblablement plus s’intégrer à un système alliant les pays de l’Ordre, pourtant pilier de l’équilibre des relations internationales de l’époque.

II. Après le Congrès de Berlin de 1878,...
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