La ville post-apartheid : johannesburg, soweto

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 33 (8012 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 26 décembre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Bidonvillisation des territoires

La ville post-apartheid : Johannesburg et Soweto

Photo : Elisabeth Deliry-Antheaume

SOMMAIRE

INTRODUCTION 3

I Eléments clés pour la compréhension de la ville sud-africaine 4

A. Un urbanisme fondé sur l'exclusion 4

B. L'apartheid ou le « développement séparé » 5

C. Les années 1990 : redéfinition de la politique urbaine 6II Johannesburg post-apartheid : de la ségrégation raciale à la ségrégation sociale? 7

A. La déségrégation du CBD (Central Business District) 7

B. Une étonnante mixité dans les quartiers péri-centraux 8

C. Espaces et sociétés dans le township 9

D. Les gated communities : L'exclusion voulue 10

III Le cas de Soweto, symbole du township sud-africain 13

A. Un espace « habité »13

B. Un tissu urbain contrasté 13

C. Quelles évolutions pour Soweto? 15

CONCLUSION 16

BIBLIOGRAPHIE 17

INTRODUCTION

Johannesburg, capitale économique de l'Afrique du Sud est sans aucun doute une ville singulière. Le plus frappant réside dans son hétérogénéité : le quartier d'affaires, les townships (quartiers anciennement réservés aux Noirs) et les banlieues aisées sontjuxtaposées sans jamais entrer en contact, si ce n'est par la violence. Il faut souligner que la politique d'apartheid basée sur le développement séparé des Blancs et des Noirs, a profondément marqué les identités des populations et conditionné leurs interactions. Elle a également eu une répercussion spatiale sur le territoire : depuis près de 30 ans, l'habitat informel ne cesse de progresser. Pourtantaprès l'abrogation de l'apartheid, l'Afrique du Sud prônait la mixité et affichait la volonté de fournir un logement pour tous.

En quoi la politique d'apartheid a-t-elle joué un rôle dans la bidonvillisation de certains quartiers de Johannesburg? La ville post-apartheid tient-elle ses promesses?

Afin de répondre à ces questions, nous nous devons de connaître quelques notions fondamentales,indispensables à la compréhension de la ville sud-africaine. Pour cela nous allons voir comment s'est mise en place la politique d'apartheid à Johannesburg et comment elle se matérialise spatialement. Ensuite, nous nous demanderons si dans la ville post apartheid, la ségrégation sociale n'est pas en passe de remplacer la ségrégation raciale. Puis nous aborderons le cas du plus célèbre des townships :Soweto.

Carte : Philippe Guillaume

I Eléments clés pour la compréhension de la ville sud-africaine

Dès l'indépendance de l'Afrique du Sud au début du XXème siècle et bien avant l'apparition du mot « apartheid », la population blanche dominante, descendante des colons néerlandais et britanniques établissait l'aménagement du territoire nationalsur la ségrégation raciale.

A. Un urbanisme fondé sur l'exclusion

La découverte de gisements aurifères marque la naissance de Johannesburg en 1886. La ville grandit rapidement grâce à l'exploitation minière. En effet, la croissance démographique, l'immigration blanche et le fort besoin de main d'oeuvre lui permettent de se développer très rapidement. Pour contrôler la main d'oeuvre, lespouvoirs publics érigent des foyers de travailleurs, les compounds, proches des zones d'extraction minière. Ils établissent, à proximité des centres-villes, un plan d'occupation des sols composé de petits lots, les locations, destinés aux populations non blanches sans distinction particulière. A cette époque, les emplois les moins qualifiés peuvent être exécutés par toutes sortes de populations,même blanches (du fait de l'exode rural de paysans Afrikaners, descendants des premiers colons néerlandais, les poors white) et l'on rencontre une certaine mixité résidentielle car les locations peuvent être composées de noirs, d'asiatiques, de métis et de blancs (dans une proportion inférieure). Rapidement ces quartiers péricentraux se taudifient, la densité de population augmente, les...
tracking img