Le chene et le roseau

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  • Publié le : 2 décembre 2010
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Lecture Analytique

Le Chêne et le Roseau

Fable de la Fontaine qui laisse de côté bestiaire courant pour s’intéresser à deux végétaux dans leur cadre naturel, le Chêne et le Roseau. D’emblée le titre suscite une attente d’une confrontation entre David et Goliath, que la lecture du texte satisfait dès lors que le rideau de la fable s’ouvre. C’est en effet grâce à un véritable travail demise en scène qui s’opère dès lors, ne rendant que plus frappante la leçon à tirer de la scène ; voyons en quoi consiste ce travail.

I) Un dialogue dans un décor naturel

Structure donne entrée in medias res : on assiste alors aux tirades successives du Chêne et du Roseau avant qu’un épilogue précipite les choses, au présent de narration.

a) la mise en scène des personnages

-Orgueil du Chêne qui établit un rapprochement injustifié ( il faut comparer ce qui est comparable ), de plus il porte un jugement de valeur sur la Nature en tant que puissance créatrice ( hybris ) ainsi qu’une emphase avec une périphrase ronflante « sur les humides bords des Royaumes du vent » ; une comparaison avec « Caucase » et une personnification « mon front » sont du registre, c’est doncune manière d’affirmer sa supériorité.
- Condescendance, déférence du « vous »
- Opposition soulignée : deux tirades se répondent ; le Roseau est un « arbuste », le Chêne un « arbre » v.28 ; « vous oblige » / « brave » avec « cependant » au milieu ; alternance « je » / « vous », v.12-15 ; v.10 « Tout vous est Aquilon, tout me semble Zéphyr » parallélisme accentué par symétrie des hémistichesde l’alexandrin ; le Chêne représente le Soleil et la Terre tandis que le Roseau représente l’eau et l’air.
- Petitesse et vulnérabilité du Roseau : emploi de l’irréel du présent « si vous naissiez … » / « mais vous naissez » v.11-15 : « moindre », « roitelet » avec suffixe diminutif.

b) le décor naturel

Il prend forme à travers le discours des personnages et semble n’avoir sensqu’à travers eux :
- Le Chêne et le Roseau : première structuration de l’espace plus « feuillage » qui revient au Chêne.
- Le décor n’est qu’un prolongement des personnages : le Soleil apparaît car le « front » du chêne en arrête les rayons, l’eau est l’habitat naturel du roseau, le ciel ne surplombe la scène que dans la mesure où sa présence permet de souligner encore la hauteur desprétentions du Chêne.
- Seul élément libre ; le vent, omniprésent : « le moindre vent », « l’effort de la tempête », « Aquilon et Zéphyr », « orage », « les vents », … jusqu’à la périphrase « le plus terribles de enfants ».

c) la menace du vent

Le fond sonore qui s’impose, souffle, grandit et va venir balayer la fable.
- Vu dès le début comme une menace : la « tempête », le Chêneveut protéger le Roseau de « l’orage », …
- Gradation : prise de souffle cf.v.25 allitération en Roseau ( on l’entend rouler ) puis périphrase ( « le plus terrible des enfants » ) qui permet encore à sa force de s’étendre.
- D’autres effets d’annonce du dénouement dans le texte : renversement du v.10 au v.20 ( comparatif d’infériorité ) ; accélération du rythme v.21 : rejet « résisté »v.23 ; clin d’oeil de la fin v.32 > référence à l’empire de morts, pour indiquer que d’une certaine manière du fait de ses racines, le Chêne avait dès le début « un pied dans la tombe » … ; v.24 « mais attendons la fin », avec ambiguïté : qui parle ? L’auteur semble pressé d’arriver au dénouement qui parachèvera son éloge de la souplesse.
- Mise en scène où spectateur assiste à un dialogue dontil peut prévoir l’issue grâce à la bande-son ( menace du vent ). Cette issue voit la survie du Roseau et la chute prévisible du Chêne, exaltant l’intérêt d’être capable de souplesse.

II) Un éloge de la souplesse

Portée morale de cet apologue semble vouloir exalter la capacité « à plier » ; que faut-il entendre par là ?

a) plier = se soumettre

Première image donnée...
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