Le peuple et le chef de l'etat sous la vème république

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  • Publié le : 1 décembre 2010
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A l’heure de l’hyper présidence de Nicolas Sarkozy, un certain nombre d’individus remettent en question la légitimité et l’action du président de la République, lequel n’a plus l’influence et la popularité qu’a pu connaître De Gaulle dès 1958. La conception du chef de l’Etat semble donc avoir évolué en apparence, mais ce n’est en réalité que parce que « la France vit encore dans le mythe du ‘héros’, recréant ainsi au travers même d’une stabilité de plus de dix années les conditions de l’instabilité » (Georges Pompidou). Malgré tout, les institutions de la Vème république, ont permis jusqu’à maintenant une certaine stabilité et continuité dans la politique Française, et ce en partie parce que le président représente la « clé de voûte » de la Communauté (Michel Debré dans son discours devantle Conseil d’Etat le 27 août 1958). En effet, le rôle et le statut que lui donne la Constitution de 1958, renforce sa position en tant que Chef de l’Etat, car il maîtrise les rennes du pays, et en est d’autant plus légitime, qu’il est élu par le peuple. L’idée s’apparente à un peuple, qui depuis 1958, « accouche » de son représentant, de son ‘guide’, d’où la force de ce dernier, qui est investide la souveraineté populaire, comme le stipule l’article 3 de la constitution : « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum ». Dès lors, à première vue, il nous apparait que le président et le peuple sous la Vème République, ont des rapports très privilégiés. Cependant, la critique formulée par Maurice Duverger, consistant àqualifier le Président de la Vème République, de « monarque républicain », s’applique notamment aux relations qu’entretiennent le peuple et le chef de l’Etat, lesquelles sont empruntes de diverses tares. Ce pourquoi nous nous poserons la question à savoir, est ce que le Président de la Vème république, est à proprement parlé, une personnification de la voix du peuple (I), avant d’étudier lesdifférentes limites, notamment constitutionnelles, à une réelle « souveraineté populaire » (II). Nous traiterons dans cette copie, uniquement des faits qui impliquent directement le Chef de l’Etat, et le peuple, sans évoquer tous les pouvoirs et statuts du Président, afin de répondre le plus synthétiquement possible au sujet.

I/ Le président de la Vème république, une personnification de la voix dupeuple?
Pour De Gaulle, il s’agit en 1958, de rompre avec les républiques précédentes, et d’instaurer ainsi « un pouvoir [qui] procède directement du peuple, ce qui implique que le chef de l’Etat, élu par la Nation, en soit la source et le détenteur ». Le peuple est donc censé se retrouver pleinement dans ce Chef de l’Etat qui n’en serait qu’une simple émanation, et ce grâce au suffrage universel (A),et au référendum, qui pourtant laisse part au doute quant à la « constitutionnalité » de son utilisation (B).
A) Un statut légitimé par le suffrage universel direct
En 1958, d’après l’article 6 de la Constitution, le Président de la République était élu pour 7 ans au suffrage universel indirect (collège de 80 000 notables, comprenant des députés, sénateurs, et divers représentants). C’estdans ce cadre, que la France a vu s’ériger en Chef d’Etat, le général De Gaulle, soutenu par

78,5 % des voies exprimées. Dès lors, De Gaulle a l’ambition de rendre le président de la République plus légitime puisqu’investit de la confiance du peuple. Ces successeurs « pour qu’ils soient entièrement en mesure et complètement obligés de porter la charge suprême, quelque puisse être son poids, etqu’ainsi notre République continue d’avoir une bonne chance de demeurer solide, efficace et populaire en dépit des démons de nos divisions, il faudra qu’ils en reçoivent directement mission de l’ensemble des citoyens (…) [ce pourquoi] le président de la République sera dorénavant élu au suffrage universel. » (discours du général De Gaulle du 21 septembre 1962). Ce discours prends tout son...
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