Le vivant

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 27 (6718 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 4 janvier 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Le vivant
Introduction : Le vivant est un adjectif substantivé qui désigne l’être doué de vie. Ainsi, pourront être dits vivants tous les êtres depuis les cellules protozoaires (unicellulaires) et les bactéries jusqu’aux organismes complexes. Le premier problème évident qui se pose est le suivant : le vivant renvoie-t-il à un objet réel ? Ce qui existe, ce sont les vivants, dans leur diversitéirréductible : aucun vivant, de l’animal au végétal, n’est la copie conforme de l’autre. Face à l’extraordinaire profusion des espèces et des individus vivants, quel sens peut avoir le substantif singulier “le vivant” ? Autrement dit, quelle spécificité commune, quel dénominateur commun peut-on déterminer pour comprendre sous le concept de vivant l’énorme diversité des vivants ? Comment distinguerla matière inerte de la matière vivante, l’organique de l’inorganique ? (première partie) Si l’on comprend par exemple le vivant comme de la matière organisée de telle manière qu’elle vit, si l’on comprend donc le vivant comme un type particulier d’organisation de matière, il semble que l’on réduise le vivant à ses conditions physicochimiques. Il s’agit d’une position matérialiste, ouréductionniste, car elle réduit le vivant à ses conditions matérielles. Faut-il accepter une telle conception réductionniste du vivant ? Comprendre le vivant, n’est-ce pas supposer quelque chose d’irréductible au physicochimique ? Quel modèle adopter pour connaître le vivant ? Les enjeux épistémologiques de la connaissance du vivant. (deuxième partie) Enfin, la connaissance du vivant, c’est à dire par exempleet surtout la biologie dans toutes ses ramifications (embryologie et génétique = reproduction ; zoologie, bio animale ; éthologie = comportement ; botanique - végétale ; biologie cellulaire, biochimie ; bactériologie etc.), conduit à intervenir sur les vivants. Il s'agit de la question contemporaine des portant sur les manipulations sur le vivant : enjeux éthiques. Cette question sera traitée dansles cours sur la morale et sur le droit.

I. Le problème de la définition du vivant.
Comment passe-t-on de la profusion des vivants à la détermination du vivant comme concept commun à tous les individus ? Est-ce possible ? Qu’est-ce qu’un organisme vivant ? La première réponse simple que l’on peut donner à la question de savoir ce qu’est le vivant est la suivante : le vivant est l’être qui ala propriété d’être en vie. Par conséquent, définir le vivant pourrait se ramener à la question de savoir si l’on peut définir la vie. A. Définir le vivant par la vie? Qu’est-ce que la vie ? Le problème de la nature de la vie. L’idée de vie pourrait suggérer en première instance l’existence d’une force spéciale, d’une substance, d’un principe qui permet de faire la distinction entre la matièrevivante et la matière inerte. On peut penser en effet que la “matière vivante” (matière + vie) diffère de la matière ordinaire par une substance ou une force qui lui donne des propriétés particulières. Dès lors il reste à découvrir cette force ou cette substance. Barthez, médecin de l’école de Montpellier au 18 ème siècle, définit ce que l’on appelle le vitalisme : “J’appelle principe vital de l’hommela cause qui produit tous les phénomènes de

la vie dans le corps humain. Le nom de cette cause est assez indifférent et peut être pris à volonté”. Ce principe vital produirait la vie par son énergie propre, il est différent de la matière et de l’âme pensante, humaine. Van Helmont parle par exemple de force : chaque être a sa propre force, spécifique. Ainsi, selon Aristote dans le De anima (Del'âme), II, 2, 413a (c’est moi qui souligne) : “L’animé se distingue de l’inanimé par le fait qu’il est en vie. Mais comme le fait de vivre s’entend de plusieurs façons, nous prétendons qu’il y a vie là où se trouve ne serait-ce qu’une seule quelconque des manifestations telles que l’intelligence, la sensation, le mouvement local et le repos, ou encore le mouvement nutritif (...). C’est...
tracking img