Lecture analytique "les fleurs du mal"

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  • Publié le : 23 avril 2011
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LES FLEURS DU MAL, « Parfum exotique »

Introduction
En marge de Romantisme et du Parnasse, Charles Baudelaire, déjà connu comme « littérateur », c’est-à-dire essayiste et journaliste, publie en 1857 le recueil de poésie, Les Fleurs du Mal, qui fait aussitôt scandale et qui est condamné pour immoralité, sous le Second Empire, une époque où la production littéraire est très surveillée, où labourgeoisie méprise le poète qu’elle considère comme un parasite et impose ses codes de pensée. Le poète le fait cependant rééditer à plusieurs reprises et dès l’édition de 1861, les poèmes y sont réunis dans six sections, la première, « Spleen et Idéal », comportant alors quatre-vingt cinq textes. Le sonnet intitulé « Parfum exotique », qui appartient à cette section, relève de l’Idéal etévoque le rêve d’évasion suscité par le parfum de la femme aimée, la mulâtresse Jeanne Duval. Nous nous demanderons donc en quoi ce voyage imaginaire traduit l’idéal, les aspirations de l’âme du poète. Nous montrerons d’abord que ce sonnet lyrique est un poème d’amour et un éloge de la femme aimée, puis nous verrons qu’il est aussi un voyage vers un paradis exotique, symbole du bonheur.

I. Un poèmed’amour et un éloge de la femme aimée

Ce poème évoque en effet les amours très sensuelles du poète et de sa maîtresse Jeanne Duval, une jeune actrice métisse.
Ce sonnet, forme privilégié de la poésie lyrique, est très structuré et exprime la sensualité épanouie dans les deux quatrains (évocation du sein de Jeanne et de la beauté des corps insulaires), puis l’élévation spirituelle à laquellela vision conduit le poète dans les deux tercets (longue phrase qui traduit l’élévation du regard et la méditation intérieur de l’âme qu’évoque la chute du sonnet).

a.L’harmonie du couple d’amoureux
- L’union du couple apparaît à travers le rapprochement du pronom de la première personne du singulier « je » (« je respire », « je vois ») et de l’adjectif possessif de la deuxième personne dusingulier « ton » : « ton sein », « ton odeur ». Le poète s’adresse à la femme aimée avec le tutoiement familier qui caractérise leur intimité. le premier quatrain suggère le repos des amants et la nudité des corps : le poète se met en scène dans une attitude propice à la rêverie, comme s’il s’abandonnait au sommeil, « les deux yeux fermés » ; l’image suggestive du couple enlacé s’impose à notreimagination : le poète repose sur le sein que l’on devine dénudé de son amie, dont il respire l’odeur, ce qui lui procure une impression de bien-être que traduit la sensation de chaleur qui envahit tout l’espace : « en un soir chaud d’automne », « ton sein chaleureux ».
- L’association de l’odeur, sensation olfactive, et de la chaleur, sensation tactile, opère une synesthésie qui exalte lessensations et donne accès à un autre monde, celui de la beauté ; les vers deux et trois établissent un parallélisme entre la sensation olfactive et la vision qui surgit : « je respire »/ « je vois ». Le poète apprécie d’autant plus ce moment de chaleur qu’il sera éphémère puisque c’est déjà l’automne (« un soir chaud d’automne »), saison intermédiaire qui annonce l’hiver et le froid qui le font tantsouffrir, saison maudite qu’il associe au Spleen, c’est-à-dire à la mélancolie et à l’Ennui qui paralysent sa volonté créatrice.

b.L’éloge de la femme aimée
- Le poète rejette d’ailleurs le monde extérieur parisien, son humble logis, dont il évoque la laideur dans de nombreux poème évoquant le Spleen, et, gardant les yeux fermés, il se réfugie dans l’espace protecteur du sein qui soulignedeux aspects de la nature féminine, à la fois la maternité et la sensualité, la protectrice et la séductrice. L’adjectif « chaleureux » s’enrichit d’un double sens : il exprime la sensation de chaleur tout autant que l’ardeur des sentiments et la générosité de la jeune femme envers le poète ; la rime très riche « chaleureux »/ « heureux », approfondie et renforcée par la rime intérieure «...
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