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  • Publié le : 2 mai 2011
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À la Musique

Situation :
-La poésie est un art qui a toujours existé plus ou moins dépendant de la musique et du chant selon les siècles. C’est à la renaissance qu’elle s’oppose seule, notamment avec Ronsard et Du Bellay. -Lepoète Arthur Rimbaud apparaît dans le mouvement symboliste, dont font également partis Mallarmé, et Verlaine. Ce mouvement s’oppose aux naturalistes et aux parnassiens, il privilégie les sens, la rêverie en exploitant toutes les richesses du langage. -Surnommé « l’ange en exil » Rimbaud est un jeune homme précoce et perturbé, qui trouva dans la poésie son chemin maissurtout ouvrit les portes à la poésie de l’avenir. Il réalise la plupart de ses œuvres entre 16 et 21 ans et il mène une vie de débauche et de souffrance psychologique, en marge de son temps et de son âge. -A l’âge de 16 ans il fugue une nouvelle fois. Il part pour Bruxelles, puis Douai où il débarque dans la famille de Georges Izambard.Il y recopie plusieurs de ses poèmes. Ce recueil que Rimbaud confiera au poète Paul Demeny, ami d'Izambard, est connu sous le nom de « Cahier de Douai ». Apparaît donc dans ce recueil, le poème « A la musique » 1870. Il est à Charleville quand il écrit ce poème, ville qu’il associe à la religion. Il la qualifiera même, bien qu’elle soit sa ville natale, de ville suprêmement idiote (Dans unelettre à Izambard).
Introduction :
Ce poème essentiellement satirique oppose deux groupes humains : les jeunes (fin du texte) et les bourgeois de Charleville (début). À la Musique peint une bourgeoisie de province suffoquant sous les chaleurs estivales, et plus encore sous les conformismes et les ridicules. La caricature rimbaldienne met l'accent sur les objets (breloques à chiffres, pipes, volants,lorgnons, boutons, cannes à pommes, etc.) dans le double but de créer un effet réaliste et de montrer une classe sociale menacée de réification par le culte de l'avoir et du paraître. Quelques verbes expressifs ("portent", "parade", "traînent", "tisonnent", "épatant") suggèrent des gestes alourdis, des attitudes prétentieuses. Des bribes de discours ("en somme !..."; "vous savez, c'est de lacontrebande") ébauchent une théâtralisation de cette scène grotesque.
Au monde des adultes, Rimbaud oppose celui des adolescents. Il suggère avec une certaine audace les désirs qui s'allument, les regards qui déshabillent, les "yeux tous pleins de choses indiscrètes" des jeunes filles. Toute une sensualité juvénile qui s’étouffe dans l'univers corseté des adultes et qui cherche à s'exprimer.

Ontentera de dégager les principales caractéristiques mises en avant par le narrateur, et les procédés stylistiques qu’il mobilise pour donner à la caricature originalité et mordant. On pourra suivre le plan suivant:
I. LE GROUPE DES BOURGEOIS
II. LES JEUNES GENS

I - LE GROUPE DES BOURGEOIS
a) L'embonpoint
- adjectifs exprimant la grosseur : "gros", "grosses", "bouffis".- détails anatomiques correspondant à la même idée : "bedaines" (ventres rebondis) "flamandes" (les flamands ont la réputation d'être particulièrement forts) ; "rondeurs des reins". - difficultés de respiration : "qu'étranglent leschaleurs" (congestionnés par leur tempérament sanguin, ils supportent mal la chaleur); l'adjectif "poussif "contient la même idée de démarche haletante et pénible. Ils sont étriqués dans leurs habits. - comparaison des jeunes filles avec des "cornacs" : "celles dont les volants ont des airs de réclames" sont probablement les jeunes...
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