Lecture analytique

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  • Publié le : 20 mai 2010
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Lecture analytique : « l’huitre » ,de Francis Ponge

Intro : Poème en prose du XXème siècle, extrait du recueil Le parti pris des choses ».
Ponge veut nous montrer des objets, choses tels que nous ne les regardons pas habituellement. Donc, d’une part, le poème met en place une exploration objective de l’objet, et d’autre part, il demande à être déchiffré pour voir ce qu’on peut appeler lapoétisation de cet objet.
PB : Comment le poème en prose parvient-il à rendre poétique un objet ordinaire ?

I° le poème est d’abord une description

1) l’organisation du poème
- 3 paragraphes de plus en plus courts : en fonction de la grosseur des elements décrits :
• l’huitre close, dans son intégrité et la méthode pour l’ouvrir
• a l’intérieur de l’huitre : le monde cachéqu’elle renferme
• la perle : la symbolique de l’objet
= il faut accepter de dépasser l’aspect exterieur, l’apparence pour aller à la rencontre de la réalité qu’elle renferme. Le texte souligne aussi la difficulté que cela représente : l’homme doit se blesser pour l’ouvrir (l 7)

2) les éléments de la description
• on a une description très précise de l’huitre fermée : elle estcomparée à un « galet moyen », au moyen de comparatifs de supériorité (« plus rugueuse ») et d’infériorité (« moins unie »). Tout est décrit, sa forme, sa taille, sa couleur, à l’aide du vocabulaire des cinq sens :
- la vue : « apparence, grosseur, brillamment »
- le toucher :  « plus rugueuse, la tenir, visqueux »
- le goût : « boire, manger »
- l’odorat : « l’odeur »
•l’objet est vu sous tous ses aspects, positifs comme négatifs : c’est un objet dur et mou à la fois (« galet # s’affaissent, couteau # visqueux) , le suffixe « âtre » est utilisé pour montrer sa laideur ( « blanchâtre, verdâtre »)
• l’oxymore : « brillamment blanchâtre » associe un terme positif à un terme négatif : l’huitre est un objet qui fascine et répugne en même temps.
• Les sons sont enaccord avec la description :
- beaucoup de double consonne, de structures binaires et d’accents circonflexes ! qui imitent la forme en double coquille de l’huitre. (vers 1, 2,7 , 14)
- les allitérations en R imitent la rugosité de la coquille (vers 1 et 3)
• L’huitre ouverte (vers 11 à15) : une seule grande phrase qui crée l’ampleur de la mer d’où vient l’objet, idée reprise parl’évocation du « flux et reflux » au vers 14.

3) une structure rigoureuse et narrative
Il faut observer les adverbes, mots de liaison et verbes :
- les adverbes donnent une organisation spatiale à la description : « en dessous / au-dessus » V 12,13
« son enveloppe / al’intérieur » V 9, 10
«  sur les bords » V 15
- organisation logique des phrases : « pourtant » V4 marque l’oppositon avec ce qui précède, les deux points V4 et V11 introduisent des explications et les deux points du V7 introduisent un lien de cause-conséquence
- les verbes : « la tenir, se servir, s’y reprendre, s’y coupent, s’y cassent, l’on trouve… » sont des verbes d’action,c’est l’aspect pratique de l’objet qui est mis en valeur ici.

= la description est une tentative pour voir l’objet sous tous ses aspects, positif et négatif. Le texte se présente de manière structurée, comme une définition, mais qui n’a malgré tout rien à voir avec celle du dictionnaire. Ponge veut dépasser le simple aspect banal de l’objet pour permette d’en saisir son « essence » : seulela poétisation de l’objet peut l’y amener.

II) la poétisation de l’huitre

1° la mise en valeur de l’huitre : « objet vivant »
Le poème transforme l’huitre, objet banal, en sujet poétique grâce à une métaphore principale qui humanise l’objet :
• certaines expressions lui attribuent des qualités comme à un être vivant :
- V 3 : « opiniâtrement clos » :...
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