Les 2 coqs - la fontaine

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  • Publié le : 2 novembre 2009
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:.: Le Texte Etudié :.:

Deux Coqs vivaient en paix ; une Poule survint,
Et voilà la guerre allumée.
Amour, tu perdis Troie ; et c'est de toi que vint
Cette querelle envenimée,
Où du sang des Dieux même on vit le Xanthe teint.
Longtemps entre nos Coqs le combat se maintint.
Le bruit s'en répandit par toutle voisinage.
La gent qui porte crête au spectacle accourut.
Plus d'une Hélène au beau plumage
Fut le prix du vainqueur ; le vaincu disparut.
Il alla se cacher au fond de sa retraite,
Pleura sa gloire et ses amours,
Ses amours qu'un rival tout fier de sa défaite
Possédait à ses yeux. Il voyait tous les joursCet objet rallumer sa haine et son courage.
Il aiguisait son bec, battait l'air et ses flancs,
Et s'exerçant contre les vents
S'armait d'une jalouse rage.
Il n'en eut pas besoin. Son vainqueur sur les toits
S'alla percher, et chanter sa victoire.
Un Vautour entendit sa voix :
Adieu les amourset la gloire.
Tout cet orgueil périt sous l'ongle du Vautour.
Enfin, par un fatal retour,
Son rival autour de la Poule
S'en revint faire le coquet :
Je laisse à penser quel caquet,
Car il eut des femmes en foule ;

La Fortune se plaît à faire de ces coups.
Tout vainqueur insolent à sa pertetravaille.
Défions-nous du sort, et prenons garde à nous,
Après le gain d'une bataille.

Jean de La Fontaine, Fables, Les Deux Coqs

:.: Le Commentaire proposé :.:
Introduction :

« Je chante des héros dont ésope est le père » écrivait La Fontaine dans le premier recueil de ses Fables. Cette affirmation permet de mieux apprécier le texte intitulé « LesDeux Coqs » dont le sujet est précisément inspiré d'Esope. Le fabuliste y narre une querelle de basse-cour en faisant référence à la mythologie antique. Il paraît ainsi renouer avec les origines de la fable qui se voulait, jadis, un récit légendaire.

Le combat qui oppose les deux coqs est cependant l'objet d'une narration parodique et burlesque dont le fabuliste nous invite à tirer une leçon.I. UN RECIT BURLESQUE

Une transposition parodique

Dès les premiers vers du texte, La Fontaine fait référence à L'Iliade d'Homère en comparant le conflit des deux Coqs à la guerre de Troie ; les volatiles de la fable se livrent, en effet, un combat sans merci pour une Poule, comme jadis le roi grec Ménélas et le Troyen Pâris s'affrontèrent pour la belle Hélène ! Cette transposition d'unépisode de la mythologie grecque est évidemment parodique. La fable de La Fontaine ne s'apparente à l'épopée, genre poétique destiné à célébrer les exploits des héros et des dieux, que pour railler les vaines prétentions des gallinacés qu'elle met en scène. Le burlesque consiste ainsi à transformer l'épopée antique en une vulgaire querelle de poulailler.

2. Un style héroï-comique

La Fontainerecourt ironiquement au style élevé de la poésie épique pour ridiculiser les personnages qu'il met en scène. Le champ lexical de la lutte (« guerre » v. 2 ; « querelle envenimée » v. 4 ; « combats » v. 6 ; « victoires » v. 20), les allusions à la mythologie (v. 1 à 10) ou l'apostrophe au dieu Amour (« amour, tu perdis Troie », v. 3) confèrent au combat de deux Coqs une grandeur insolite et cocasse. Lefabuliste pousse l' ironie jusqu'au pastiche, (imitation de la manière d'écrire d'un auteur). En qualifiant la Poule de la fable d' Hélène au beau plumage (v. 9) le poète recourt, en effet, à l'épithète homérique, expression désignant un être par sa principale qualité (« Ulysse le divin », « Achille aux pieds légers »). Ce faisant, il tourne en dérision le style héroïque de l'épopée et donne à...
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