Les animaux malades de la peste

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  • Publié le : 27 mars 2011
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Les animaux malades de la peste
Jean de La Fontaine

1ère partie, v. 1-14 : la peinture de la peste.
Cette première partie décrit la peste, fléau moins fréquent au XVIIème siècle, mais qui avait laissé de terribles souvenirs.
Allusions aussi à l'Achéron (fleuve des enfers ; il fallait payer son passage, d'où la richesse !). On voit ici se mettre en place la symbolique animale : oppositionentre les prédateurs (Loups, renards) et les proies (innocentes !), entre animaux belliqueux et pacifiques (les tourterelles, symbole de l'amour).
Le ton est tragique et solennel, la tragédie doit emplir le lecteur de terreur et de pitié. -importance du champ lexical de la peur -------sonorité des fins de vers avec le son « r »-gradation du danger que représente la peste avant qu’elle soit nommé v4 -le ciel est une métonymie pour parler de Dieu, car il ne faut pas prononcer les mots sacrés, il est de même pour l’enfer « acheron » v5 et le diable et la peste évoqués par le mot «mal» .
Le champlexical du mal amène à la punition (la peste) et donc à la recherche du coupable (l’âne).
2ème partie, v. 15-33 : le discours du Roi qui propose une solution.
Il apparaît mêmecomme un bon roi, qui prend en charge l'avenir de son royaume. Il propose le sacrifice "du plus coupable", argumente par des références historiques, invite son Conseil à suivre son exemple (impératifs 1ère pers. pluriel), et commence son examen de conscience.
Il s'accuse donc d'avoir tué des moutons... et même parfois le berger : voir l'usage ironique de l'hétérométrie, qui met en valeur, dansun vers trisyllabique, ce dernier trait !
L'ironie de La Fontaine transparaît cependant : "je me dévouerai donc / s'il le faut" : restriction qui détruit le bon exemple, et invite les courtisans à s'y opposer et le "mais" qui suit achève de montrer que le Roi ne tient nullement au sacrifice qu'il propose : il sait pouvoir compter sur sa cour...
3ème partie, v. 34-48 : la réponse des courtisans,il faut chercher un coupable.
"Sire, dit le Renard..." : on s'attend à un pareil examen de conscience, mais le Renard, fin courtisan, s'en garde bien. Il se contente d'un plaidoyer des plus flatteurs pour le Roi, justifiant à la fois son comportement de prédateur et ses crimes. 
Au passage, nous relevons la hiérarchie animalière – les moutons sont ici les représentants du peuple, profondémentméprisé, et que l'on peut impunément exploiter – et une allusion au rapport entre l'homme et l'animal : 
"Et quant au berger, l'on peut dire
qu'il était digne de tous maux, 
Étant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire"
C'est une allusion aux cartésiens, qui estimaient que l'homme, seule créature à posséder une âme immortelle, était "maître et possesseur de l'Univers" ."et flatteurs d'applaudir" : cet infinitif de narration, qui marque encore plus nettement que le présent de narration la rapidité de l'action, témoigne de l'empressement des courtisans à suivre la règle du jeu : ils y ont intérêt !
Le texte parcourt ensuite toute la hiérarchie des prédateurs : ours et tigre, peut-être les gentilshommes.
4ème partie, v. 49-62 : l'intervention del'âne.
Par opposition à tous les animaux mentionnés jusque là, l'âne n'est ni un carnivore, ni un prédateur. Appartenant au conseil du Roi, il n'est certainement pas un représentant du peuple ; mais il appartient sans aucun doute au dernier rang de la Cour. Psychologiquement, c'est un naïf, qui prend au sérieux le discours du Roi, et ignore la règle du jeu courtisan. Honnête, un peu ridicule...
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