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  • Publié le : 24 août 2011
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L'Argent de Zola (1891) Le jeu boursier, un mal nécessaire
L’Argent est un roman d’Émile Zola publié en 1891. C’est le dix-huitième volume de la série les Rougon-Macquart. Le titre qui évoque une entité comme la Terre ou l’Oeuvre fait de cette abstraction le thème principal du récit. Zola y dépeint le capitalisme triomphant en même temps que les prémices financières de l’écroulement final dusecond Empire. Ce récit n’étudie pas l’argent comme un métal monétaire que l’on thésaurise, contemple et adore. Zola se livre à l’étude des mécanismes spéculatifs. Ce roman aurait pu s’intituler plus justement la Bourse. Pourtant son auteur ne rebute pas le lecteur par des considérations techniques arides. Il a su avec beaucoup d’habileté dramatiser sa fiction inspirée d’événements réels en latransformant en un combat épique.

Résumé du roman : grandeur et décadence de la Banque Universelle
Les titres donnés aux chapitres sont de notre propre invention.

Chapitre 1 : Autour de la Bourse
Le roman commence dans un restaurant à proximité de la Bourse, institution qui va rythmer tout le récit. En 1864, dans les dernières années du second Empire, Aristide Saccard attend le député Huretqu’il a chargé d’une démarche auprès de son frère, le puissant ministre d’État, Eugène Rougon. Zola a réutilisé 1 un des personnages principaux de la Curée. Aristide Saccard avait alors changé de patronyme pour ne pas gêner par ses activités douteuses son frère, homme politique parvenu au faîte du pouvoir. Il avait amassé une fortune considérable dans des opérations immobilières à la suite des grandstravaux parisiens du baron Haussmann, avant de la perdre par une succession d’engagements risqués. Toujours animé d’une énergie débordante, et désireux de prendre sa revanche, il a voulu sonder l’attitude du « grand homme » à son égard avant de se lancer dans une nouvelle aventure financière. Le ministre d’État a décidé de lâcher son frère compromettant. En colère, Saccard se rend chez Busch, uninquiétant personnage spécialisé dans le recouvrement de créances douteuses. Il veut voir le frère pour se faire traduire un document. À l’occasion de cette visite, il est reconnu comme celui qui, par le passé, a abusé d’une jeune fille, l’a blessée et mise enceinte, puis a fui sans honorer le dédommagement qu’il avait promis. Revenu sur la place de la Bourse, il reçoit un coup de coude du richissimebanquier Gundermann. Cet événement anodin libère sa colère rentrée. Il décide, malgré les obstacles, de mettre en œuvre sans tarder le projet qu’il porte en lui.

Chapitre 2 : Les habitants de l’hôtel d’Orviedo
Il vend sa luxueuse propriété du parc Monceau afin de régler ses créanciers, puis loue deux étages dans l’hôtel particulier de la princesse d’Orviedo, dévote qui veut expier les fautesde son défunt mari. Saccard, qui a cédé autrefois des terrains à la princesse, a montré alors son savoirfaire. Il est devenu à cette occasion l’administrateur bénévole et dévoué de l’Œuvre du Travail, fondation de bienfaisance voulue par la princesse. Le chevalier d’industrie s’y montre d’une honnêteté scrupuleuse « simplement récompensé par cette joie des sommes considérables qui lui pass[ent]entre les mains. » Un moment tenté de devenir le collaborateur de la mystique entêtée, il se voit repoussé dans son offre de services. Le désir obsessionnel de vaincre le banquier Gundermann prend alors corps en lui. Dans l’hôtel d’Orviedo, il fait la connaissance de Georges
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À la manière de Balzac, dans la Comédie humaine.

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et Caroline Hamelin, un ingénieur et sa sœur. Ils ont exercéen Égypte et en Orient, mais depuis leur retour à Paris, ils végètent. Pourtant ils ont constitué au cours de leur séjour à l’étranger un portefeuille de projets qui attendent seulement de trouver des capitaux. Les voisins deviennent familiers. Madame Caroline devient la gouvernante du ménage de Saccard. Un soir de tristesse, elle se donne à lui sans amour. S’installera plus tard une liaison...
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