Les courants discontinus du cosmocentrisme ancien

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  • Publié le : 1 juin 2010
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La science apparaît en Ionie et en Grande Grèce au VIème siècle avant Jésus Christ dans l'ambiance des mythes et du savoir diffusés par les poèmes homériques, et sur la base des observations astronomiques mésopotamiennes. Les œuvres des premiers savants, Thalès, Anaximandre, Pythagore, Parménide, et autres, aujourd'hui disparues, sont connues par ce qu'en ont dit de lointains successeurs commePlaton et Aristote, deux à trois siècles plus tard. Au-delà des schémas mythiques ou religieux, ces savants cherchent à expliquer le monde et la nature. Leur compréhension du monde postule l'idée d'ordre et d'harmonie constitutifs d'un cosmos dont tous les éléments doivent obéir à des lois physiques et mathématiques. La science des Grecs s'efforce de sauver les phénomènes c'est-à-dire de rendrecompte le plus rationnellement possible des apparences observées dans le ciel, en élaborant des modèles explicatifs qui permettent d'en prévoir le retour : c’est ce que Jean Marc Ferry a appelé le cosmocentrisme, courant qu’il assigne à l’époque grecque. Ce courant ancien est composé de synthèses discontinues que sont les sensualistes, rationalistes, physiques et conceptions psychologiques.Qu’en-est-il exactement ?
Au cours de notre cheminement, nous allons d’abord présenter quelques éléments de ces différentes synthèses et enfin montrer ce qui constitue la différence.

Dans un premier temps, nous avons les sensualistes (Thalès de Milet, Anaximandre, Anaximène et Héraclite d’Ephèse), le postulat ontologique semble se réduire à l’alternance du pour et du contre. Chez Thalès, il relève duprincipe d’eau, pour Anaximène de l'air, pour Héraclite d'Ephèse du feu, et pour Anaximandre, l’Apeiron. Prenons et développons la thèse de Thalès pour illustrer celui des sensualistes. Thalès fonde le monde sur le principe de l'eau.
Thalès est le premier penseur connu de l'histoire. Sa philosophie de la nature fait de l'eau le principe explicatif de l'univers, d'où procèdent les autres éléments,air, feu et terre. Aristote souligne que « la plupart des premiers philosophes estimaient que les principes de toutes choses se réduisaient aux principes matériels. Ce à partir de quoi sont constituées toutes les choses, le terme premier de leur génération et le terme final de leur corruption (...), c'est cela qu'ils tiennent pour l'élément et le principe des choses (...). Pour Thalès, le fondateurde cette conception philosophique, ce principe est l'eau (c'est pourquoi il soutenait que la terre flotte sur l'eau) » . Il dit, un peu plus loin, de Thalès que c’est « pourquoi il a prétendu que la terre reposait sur l'eau, amené probablement à cette opinion parce qu'il avait observé que l'humide est l'aliment de tous les êtres, et que la chaleur elle-même vient de l'humide et en vit ; or, ce dontviennent les choses est leur principe. C'est de là qu'il tira sa doctrine, et aussi de ce que les germes de toutes choses sont de leur nature humides, et que l'eau est le principe des choses humides. » L'eau est à l'origine des choses en même temps qu'elle les constitue. Pour Thalès, le monde semble être une sphère entourée d'une masse liquide. La Terre serrait un disque flottant à l'intérieurde cette sphère. La raison de ce choix pour l'eau provient sans doute de l'importance de celle-ci dans la croissance et la nutrition des choses vivantes, de son rôle central dans le quotidien des Milésiens et des observations qu'on prétend qu'il a faites en Égypte quant à l'importance du Nil et des autres fleuves qui faisaient l'objet de cultes. Mais l'originalité de Thalès est de faire de cetteexplication mythologique un principe de connaissance physique et métaphysique ; en effet, l'unité de l'élément eau est aussi l'unité du monde.
De même, comme Thalès de Milet, Anaximandre aurait cherché un principe fondamental dans l'organisation du monde. Ce n'est pas l'eau, mais l'Apeiron : c'est-à-dire un indéfini qualitatif et quantitatif (sans limite, sans fin et sans forme). Hippolyte...
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