Les jeunes et le sport

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  • Publié le : 19 septembre 2010
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Les Jeunes et le sport
Il y a aujourd’hui une crise financière qui détruit la substance économique du pays, mais c’est l’aboutissement d’une longue agonie qui s’appelle la désintégration culturelle de la société. Les premières victimes sont les jeunes : stigmatisés, abandonnés, laissés à leur propre sort dans une société qui ne croit pas en leur avenir. Le sport, instrument indispensable desanté, d’épanouissement, de défi intérieur et de cohésion sociale, est devenu la courroie de transmission de la corruption financière. Mais la jeunesse n’est pas un problème à gérer, c’est un réservoir de promesses qui, suscité et employé, préparera l’avenir d’une civilisation pour l’instant en péril. Il ne s’agira pas de leur trouver des occupations et de combler les vides, mais de les ouvrir aumonde, leur offrir les opportunités de le connaître pour qu’ils s’emploient par eux-mêmes à le changer. Le défi est d’autant plus urgent que la corruption, les scandales, les convulsions monétaires, l’instabilité internationale et le chômage se saisissent du monde comme si l’on vivait un retour aux années 30. La paix et la justice sociale ne pourront être conquises sans cet élan du cœur et del’esprit qu’est la formation de la jeunesse. Vite. Léo Lagrange… ..est le nom d’un stade, d’une piscine, d’un gymnase, d’une rue, mais c’est surtout celui du « ministre des jeunes » du Front populaire. Dépourvu de moyens et de structures, ce jeune député socialiste a accompli de grands miracles en peu de temps pour tenter de sauver une jeunesse en proie à l’embrigadement et à la misère. Pendant lesélections législatives de 1936 qui menèrent à la victoire du Front populaire, Lagrange prévenait : « le grand débat ouvert sera : République ou fascisme, liberté politique et justice sociale ou dictature des oligarchies financières »… La haine raciale gangrénait la société et le niveau de vie des salariés avait baissé de 20% avec la politique d’austérité de Pierre Laval. A l’extérieur, le fascismeprenait brutalement l’ascendant, annonçait la guerre et préparait la jeunesse à la faire. Du vaste progrès technique et des grands acquis sociaux émergeait un phénomène nouveau : le temps libre. Si aujourd’hui il est devenu une évidence de la vie quotidienne pour la plupart d’entre-nous, l’enjeu est toujours le même : est-ce un temps à occuper pour éviter de penser ou un moment privilégiéd’émancipation pour repenser le monde et la vie que nous y menons. Les Etats fascistes avait bien saisi l’ambiguïté et tranchèrent : il faut occuper la jeunesse pour l’empêcher de s’émanciper, lui imposer brutalement la loi du groupe et de l’Etat suprême. Lagrange et ses amis prirent le parti de redonner au peuple le sens de la joie de vivre, le sens de la dignité. L’enfant n’est pas une créature que l’on dressepour servir un système, barbare ou non, mais c’est un individu créateur d’une innovation sociale, culturelle et économique dont seule la permanence peut assurer la survie d’un peuple civilisé. Loin de la forme quasi-antique du fascisme, aujourd’hui les loisirs sont pourtant réduits à une somme de divertissements organisés par des forces marchandes, qui ne nous fournit aucun élément de réponselorsque l’on s’interroge sur le sens de notre vie. Le sport aujourd’hui Certes, le grand défi de Lagrange était de démocratiser le sport, jusque là réservé à une élite, ce qui aujourd’hui n’est plus à faire. Mais le sport de 2010 est dominé par le sport-bizness dont les standards sont la corruption, la triche, l’argent, l’égocentrisme et l’abaissement de la personne humaine. Déjà en 1936, l’argent euttôt fait de s’emparer de ce formidable vecteur de profit. Le professionnalisme a installé l’argent aux commandes du football, du cyclisme, de la boxe au début des années 1930, engendrant ce que l’on appelait dès 1932 le « surentraînement » et le dopage. « De toutes mes forces et quelles que soient les critiques, parfois sévères, dont mon action pourra être l’objet, je m’opposerai au...
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