Les relations entre les producteurs et les grands acteurs de l’industrie du café, du thé et du cacao

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  • Publié le : 2 août 2011
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« Les relations entre les producteurs et les grands acteurs de l’industrie du café, du thé et du cacao »

Qu’il soit question de café, de thé ou de cacao, généralement ces matières premières passent entre les mains de nombreux intermédiaires : commerçants locaux, exportateurs, négociants internationaux, torréfacteurs, distributeurs. Tous s’approprient à chaque étape de la chaîne decommercialisation une part de la valeur vendue par les distributeurs. Mais il faut aussi prendre en compte les acteurs de l’ombre qui ne sont pas directement impliqués dans la chaîne commerciale et qui pourtant en tirent de larges bénéfices : les Etats exportateurs et les spéculateurs.
Il en résulte des effets dévastateurs pour un commerce géré uniquement en fonction des intérêts commerciaux desgrandes entreprises multinationales du Nord. La logique économique appliquée est simple : les pays riches achètent des matières premières des pays du Sud à des prix très bas, pour les transformer au Nord. La valeur ajoutée sur ces produits et les gains en capital sont très importants. Ces multinationales représentent des oligopoles, parfois même des monopoles, qui accaparent le marché de production nelaissant aucune chance à leurs interlocuteurs. Les produits seront achetés à des prix dérisoires par les multinationales. « La seule loi est celle des profits, et non celle de la vie. »

Dans le commerce du café, les multinationales qui possèdent 70 % du marché, partant de la production jusqu’à la distribution. Les conditions de travail des producteurs de café très misérables. Ils ne saventjamais quels prix ils obtiendront pour leurs récoltes et ne savent pas vraiment non plus combien en demander. Il faut savoir que les prix varient selon les spéculations boursières. Le prix du café est décidé par les Bourses des matières premières – Londres et New York – lieux d’échanges entre acheteurs et vendeurs. En Bourse, le café est revendu en moyenne 12 fois, du fait de la spéculation. Le cafééquitable était acheté à un prix minimum de 1,26 $ US la livre en 2004.

Dans le commerce du cacao, les acheteurs et les industries du chocolat accaparent environ 70 % des bénéfices du chocolat, tandis que les cultivateurs de cacao reçoivent à peine 5 %. De plus, le secteur du cacao est caractérisé par une très forte concentration. Sept pays représentent 85 % de la production du cacao, cinqentreprises commandent 80 % du cacao commercialisé, cinq compagnies représentent 70 % de la transformation du cacao et six multinationales du chocolat contrôlent 80 % du marché du chocolat. On compte six multinationales dans ce secteur : Hershey, Mars, Philip Morris, Nestlé, Cadbury-Schweppes et Ferrero. Autant dire que la concurrence est très rude entre toutes ces entreprises. Les conditions de travaildes producteurs, tout comme les producteurs de café, sont lamentables de même que les normes environnementales, qui sont inexistantes et donc le commerce équitable tente de changer considérablement cette situation qui ne favorise que les grandes compagnies du Nord.

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La chaîne de commercialisation du thé sur le marché est un peu différente du café et du cacao car la valeur marchande dece produit se définit davantage sur le produit transformé. Ce contexte défavorise beaucoup les producteurs, car la plupart de ceux-ci n’ont aucunement les moyens de transformer sur place. La seule solution qu’il leur reste est d’augmenter la production en quantité, ce qui contribue du même coup à maintenir les prix très bas et cela peut renforcer le pouvoir des grandes compagnies, comme Liptonnotamment, exportatrices des pays industrialisés. Il n’y a pas de prix minimum assuré. Nous savons que l’argent remis au cultivateur assure les coûts de production.

Seules les entreprises les plus compétitives sont gagnantes et se livrent une concurrence farouche. Les petits producteurs n’ont souvent pas d’autre choix que d’accepter les prix proposés car ils ne disposent pas de réseaux d’autres...
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