Louis camus

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  • Publié le : 25 octobre 2011
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C'est un saint-cyrien pur casoar, gants blancs et épaulettes d'or.

Major de la nouvelle promotion, il défilera aujourd'hui 14 juillet sur les Champs-Elysées. La France entière pourra l'apercevoir: c'est lui qui portera le drapeau du «1er bataillon de France», celui des élèves de l'Ecole spéciale militaire. Même si son jour de gloire est arrivé, le sous-lieutenant Jean-Louis Camus n'est pas dugenre a avoir le trac. «Nous avons été préparé à cela», affirme-t-il calmement. Sacrée préparation. A 25 ans, «Camus» ­ le prénom n'est pas d'usage familier ­ a déjà dix ans de vie militaire dans les bottes. Six ans de lycée et de prépa sous l'uniforme à Saint-Cyr-l'Ecole, à côté de Versailles, puis trois ans à Coëtquidan, l'école qui forme les officiers de l'armée de terre. Largement suffisantpour savoir marcher au pas.

C'est à La Fère, ville de garnison picarde et patrie du mousquetaire Athos, que la «vocation» est venu à Jean-Louis. Il avait 12 ans, c'était en 1984. Il baigne alors dans l'atmosphère tragique des grands champs de bataille du nord-est de la France. La certitude s'installe dans son jeune esprit, comme la foi qui frappe Claudel derrière un pilier de Notre-Dame: «Jevoulais servir la patrie», dit-il. Depuis, «je ne me suis jamais posé la question de savoir ce que j'aurais pu faire d'autre», ajoute-t-il. Il sera donc militaire, comme son père et son grand-père, une lignée de sous-off, de ceux qui terminent parfois capitaine en fin de carrière. Son père, qui sert dans le Matériel, lui fait découvrir l'armée et l'emmène parfois visiter des régiments. «Il ne m'a niencouragé ni découragé», confie-t-il. D'ailleurs, son frère cadet, Jean-Christophe, a choisi une autre voie, celle d'une école de commerce. Fils de militaire, comme un saint-cyrien sur quatre, Jean-Louis est promis à de hautes destinées. Des majors de Saint-Cyr, on fait traditionnellement des généraux. Mais il n'y pense pas; son horizon est à dix ans, pas plus. «Le plus important, ce sont lespremières années», confie-t-il. Celles où le jeune officier s'éclate à la tête de ses hommes, avant de replonger dans les concours et la grisaille des états-majors. Il va donc s'éclater dans les hélicoptères. Car le major de Saint-Cyr a le choix de son «école d'application». Dans le grand amphi de Coëtquidan, les 173 «cyrards», dont quatre femmes, sont appelés en fonction de leur classement. Lesmeilleurs partent généralement vers les troupes de marine, les paras, la Légion, les blindés et la gendarmerie. Les autres prennent ce qui reste. Le lieutenant Camus ira, lui, dans l'aviation légère de l'armée de terre (Alat), pour devenir pilote d'hélicoptères de combat. C'est un passionné de ce qu'il appelle, en dialecte militaire, «la troisième dimension», le domaine aérien. Il «bricole» dansl'aéromodélisme, aime sauter en parachute et a déjà quelques heures de pilotage à son actif. Jean-Louis n'est pourtant pas un terrien frustré. «Même si j'avais réussi le concours d'entrée à l'école de l'Air pour devenir pilote de chasse, j'aurais choisi l'armée de terre», assure-t-il. D'ailleurs, il a démissionné de l'école navale, qui lui ouvrait le portes prestigieuses de l'Aéronavale. Camus est unmilitaire indécrottablement kaki.

Ce jeune homme costaud aux cheveux ras a eu «très jeune, le sentiment de vouloir défendre ce que l'on aime: sa famille, la France et ses belles régions». «Je suis attaché à ce que nos anciens ont fait», explique-t-il. Et de citer son héros, le maréchal Leclerc, «son courage, son charisme, son abnégation». «Il est parti d'Afrique avec 300 hommes pour finalementlibérer Strasbourg», s'enthousiasme-t-il. Lorsqu'on lui objecte que le futur maréchal fut, en 1940, un officier rebelle aux yeux de l'armée qu'il aime tant, il reste de marbre, comme si ces propos ne trouvaient pas à se faufiler dans son logiciel. Il préfère retourner cette question: «Avez-vous déjà visité les grands cimetières militaires?» Et sans attendre de réponse: «Par rapport à cela, on doit...
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