Lutter contre le cycle conjoncturel

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  • Publié le : 28 mars 2011
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Sujet de dissertation corrigé
«Faut-il lutter contre les cycles conjoncturels ?»

Sur un siècle, de 1825 à la Première Guerre mondiale, la France a connu 11 crises économiques. Suite à la crise de 1929, la parution de la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, de J. M. Keynes fournissait la base théorique justifiant une intervention publique visant à éviter ces crises etleurs effets négatifs sur la production, l'emploi, les revenus...
Les économies industrielles connaissent des fluctuations conjoncturelles, des cycles qui perturbent : leur fonctionnement. On peut dire que la politique économique, du moins à court terme, est née de la volonté de limiter ces fluctuations et leurs conséquences économiques et sociales, La croissance économique de l'après-guerre amontré l'efficacité de ces politiques, puisqu'elle fut remarquablement régulière. Mais depuis les années 1970, les cycles sont de retour.
Cela signifie-t-il que les politiques économiques ne sont plus efficaces ? Sont-elles devenues inutiles, voire néfastes ? Les cycles conjoncturels sont-ils aujourd'hui un élément normal du fonctionnement de nos économies ?
Pour en discuter, nous montreronsd'abord que l'existence même de fluctuations de court terme appelle a priori des politiques économiques conjoncturelles (I), puis que l'efficacité et l'utilité de celles-ci est discutée face aux caractéristiques des cycles actuels (II).

A PRIORI, L'EXISTENCE DE CYCLES ECONOMIQUES APPELLE DES POLITIQUES ÉCONOMIQUES CONTRACYCLIQUES

A. Les fluctuations économiques sont coûteuses pour leséconomies
Déjà au Moyen Âge les économies connaissaient des fluctuations, souvent déclenchées par des mauvaises conditions climatiques ou des troubles politiques. Le renchérissement du prix des subsistances transmettait aux villes la crise. Les crises industrielles qui apparaissent au XIX° siècle sont de nature différente. Il s'agit de crises de surproduction où le manque de débouchés conduit à unedéflation généralisée : la production, mais aussi les prix, les salaires, les revenus diminuent, créant une dépression économique. Dans des économies où le salariat se généralise, le chômage et la baisse des salaires appauvrissent la population ouvrière déjà proche du seuil de subsistance. Des effets d'entraînement peuvent alors apparaître et conduire l'économie sur la pente de la déflation.

B.Elles sont de plus récurrentes et rendent l'économie cyclique
Si les crises économiques du XIXe siècle ne sont pas régulières, elles sont néanmoins récurrentes. C'est la caractéristique des économies occidentales modernes : la conjoncture n'en est pas seulement accidentée, elle devient cyclique. Si l'économie est cyclique, cela signifie que les fluctuations deviennent la règle : l'économieconnaît alors des phases d'expansion interrompues par des crises qui marquent le début d'une période de récession, avant qu'une reprise ne s'amorce.
Les facteurs de retournement de la conjoncture peuvent être exogènes ou endogènes. Exogènes, il s'agit de chocs qui frappent l'économie et l'entraînent dans la récession (faillite retentissante, crise boursière...) ou l'expansion (innovation, augmentationde la demande...). Endogènes, car certaines composantes de l'économie sont par nature procycliques : les imperfections de l'information et des marchés, l'existence de délais d'ajustement par exemple. L'investissement est également procyclique puisque qu'il surréagit aux fluctuations de l'activité économique et qu'il en est lui-même une composante (l'investissement est une demande). L'oscillateur deSamuelson montre ainsi que la nature de l'investissement risque de favoriser une croissance heurtée, cyclique, dont les fluctuations seront coûteuses pour l'économie et la population.

C. Leur caractère récurrent impose donc des politiques contracycliques
Le coût de ces fluctuations devait amener les autorités à vouloir en limiter l'ampleur pour éviter leurs conséquences les plus...
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