« Ma mondialisation » (g. perret, 2006)

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  • Publié le : 18 décembre 2010
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Eléments de réflexion sur le film
« Ma mondialisation » (G. Perret, 2006)

Suite à la discussion lors de la fin de projection du film ce samedi, voila reformulées quelques idées. Trois principalement semblent majeures à souligner. Au delà de toutes ses richesses, le film apparaît en effet trop sommaire en la matière et il semble utile que vous développiez une analyse critique plus développéesur ces trois points.

- Qui dirige et quels sont les objectifs de l’entreprise ? (question de la corporate governance)
- Penser produit mais aussi process !
- Fonds de pension : de quoi parle t-on au juste ?

1- Le dilemme de l’entrepreneur et de l’actionnaire et l’importance de la taille des entreprises

Dans le domaine de la gouvernance d’entreprise, un débat majeur traverse lalittérature consacrée aux parties prenantes de l’entreprise depuis l'origine pour déterminer si l'entreprise doit être gérée dans l'intérêt des « parties prenantes » comprenant à la fois l'équipe de direction, les actionnaires, les salariés, les clients, l'Etat à ses différents niveaux, les syndicats, et plus largement la société civile ou être gérée seulement dans l'intérêt des actionnaires. MiltonFriedman, chef de file de l'école libérale monétariste croyait clore le débat en affirmant que l'entreprise n'a qu'une responsabilité, celle d'assurer le profit de ses actionnaires (1970). Ceux qui défendent le point de vue des « parties prenantes » basent leur argumentation sur quatre affirmations principales :

(i) La création de valeur est plus forte lorsque ses bénéficiaires sont multiples. Parexemple, selon cette ligne de pensée, un projet qui satisfait les besoins des employés et des attentes des actionnaires a une double valeur car il cible en même temps, deux groupements légitimes de « parties prenantes ».
(ii) Ils disputent également le rôle prééminent accordé aux actionnaires par un grand nombre d’économistes. Ils argumentent que les financeurs, les salariés et les fournisseursprennent également des risques dans le succès d’un projet.
(iii) La conduite de l'entreprise dépasse la seule rationalité des actionnaires qui n'ont d'ailleurs qu'une connaissance et contrôle limité des logiques entrepreneuriales.
(iv) Les différences en matière d'horizons temporels de références entre les exigences d'investissement de moyen-long terme et l'objectif de rentabilité sur fondspropre de court terme doit conduire à une acception plus large des parties prenantes dans la gestion des activité si l'objectif est d'assurer la pérennité de l'entreprise.

A contrario, les tenants du primat actionnarial, estiment qu'étant donné que le profit pour les actionnaires ne peut provenir que de la satisfaction du client consommateur, il n'y a pas opposition entre les deux. L'entreprisequi veille aux intérêts de ses actionnaires, assure in fine la satisfaction des clients. Il en est un peu différemment toutefois dans de nombreux cas et le film de Gérard Perret est exemplaire en la matière. En France, le pays a été l'un des derniers pays occidentaux à transformer la législation sur la gouvernance d'entreprise. Aujourd'hui, la loi accorde beaucoup moins de pouvoirs auxdirigeants, le pouvoir est plus réparti entre les membres du CA, de sorte que le Directeur Général est souvent dans l'obligation d'appliquer des directives imposées pas les actionnaires, lesquels dépendent le plus souvent des marchés financiers. Les consommateurs sont absents de la gestion. L'arrivée de l'actionnariat populaire dans les années 90 a par ailleurs permis la montée en puissance des petitsactionnaires. Actuellement, on peut ainsi simplifier le débat en dégageant deux grands types de gouvernance d'entreprise :

(i) Un 1er type sur valeur actionnariale
Dans un premier système qui privilégie la création de valeur pour l'actionnaire (shareholder value en anglais), l'entreprise cherche à maximiser le cours boursier des titres détenus par les actionnaires. Les intérêts des dirigeants...
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