Madame bovary

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  • Publié le : 7 juin 2010
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MADAME BOVARY

LECTURE ANALYTIQUE N°7

EXTRAIT:
"Cependant elle n’était plus aussi pâle, et son visage avait une expression de sérénité, comme si le sacrement l’eût guérie.
Le prêtre ne manqua point d’en faire l’observation ; il expliqua, même à Bovary que le Seigneur, quelquefois, prolongeait l’existence des personnes lorsqu’il le jugeait convenable pour leur salut ; et Charles se rappelaun jour où, ainsi près de mourir, elle avait reçu la communion.
— Il ne fallait peut-être pas se désespérer, pensa-t-il.
En effet, elle regarda tout autour d’elle, lentement, comme quelqu’un qui se réveille d’un songe ; puis, d’une voix distincte, elle demanda son miroir, et elle resta penchée dessus quelque temps, jusqu’au moment où de grosses larmes lui découlèrent des yeux. Alors elle serenversa la tête en poussant un soupir et retomba sur l’oreiller.
Sa poitrine aussitôt se mit à haleter rapidement. La langue tout entière lui sortit hors de la bouche ; ses yeux, en roulant, pâlissaient comme deux globes de lampe qui s’éteignent, à la croire déjà morte, sans l’effrayante accélération de ses côtes, secouées par un souffle furieux, comme si l’âme eût fait des bonds pour se détacher.Félicité s’agenouilla devant le crucifix, et le pharmacien lui-même fléchit un peu les jarrets, tandis que M. Canivet regardait vaguement sur la place. Bournisien s’était remis en prière, la figure inclinée contre le bord de la couche, avec sa longue soutane noire qui traînait derrière lui dans l’appartement. Charles était de l’autre côté, à genoux, les bras étendus vers Emma. Il avait pris sesmains et il les serrait, tressaillant à chaque battement de son cœur, comme au contrecoup d’une ruine qui tombe. À mesure que le râle devenait plus fort, l’ecclésiastique précipitait ses oraisons ; elles se mêlaient aux sanglots étouffés de Bovary, et quelquefois tout semblait disparaître dans le sourd murmure des syllabes latines, qui tintaient comme un glas de cloche.
Tout à coup, on entendit surle trottoir un bruit de gros sabots, avec le frôlement d’un bâton ; et une voix s’éleva, une voix rauque, qui chantait :
Souvent la chaleur d’un beau jour
Fait rêver fillette à l’amour.
Emma se releva comme un cadavre que l’on galvanise, les cheveux dénoués, la prunelle fixe, béante.
Pour amasser diligemment
Les épis que la faux moissonne,
Ma Nanette va s’inclinant
Vers le sillon qui nousles donne.
— L’Aveugle s’écria-t-elle.
Et Emma se mit à rire, d’un rire atroce, frénétique, désespéré, croyant voir la face hideuse du misérable, qui se dressait dans les ténèbres éternelles comme un épouvantement.
Il souffla bien fort ce jour-là,
Et le jupon court s’envola !
Une convulsion la rabattit sur le matelas. Tous s’approchèrent. Elle n’existait plus."

ANALYSE
L'extrait se situe audénouement de l'histoire, Emma est sur le point de mourir car elle vient d'ingurgiter de l'Arsenic sous le poids de ses dettes qui ne sont pas remboursables. Les effets de l'empoisonnement font surface et l'état d'Emma s'empire peu à peu. Beaucoup de personnage apparaissent autour du lit de mort: Charles, le docteur Canivet, le docteur Larivière, Homais, l'abbé Bournisien, Félicité...
Le texteest essentiellement composé de description. Flaubert dépeint en effet la mort douloureuse et lente de sa protagoniste entourée de quelques personnages importants.
On peut diviser le texte en deux partie :
1. La première partie du texte ( De « cependant » à « comme un glas de cloche »)
· Elle est composé essentiellement des descriptions des actions qui tournent toutes autour de la mort deMadame Bovary, comme un tableau mortuaire : Flaubert analyse médicalement la situation d’Emma qui se dégrade, et la réaction qu’elle occasionne sur les personnages présents. Flaubert est passif, les descriptions donnent au passage une dimension d’inertie, le peu de discours, sont rapportés au discours indirect :
« Il ne fallait peut-être pas se désespérer, pensa-t-il.. »
· La vision qu’on a...
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