Management interculturel

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  • Publié le : 8 décembre 2011
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Introduction

À l'heure de la mondialisation et de la crise, de plus en plus d'entreprises sont amenées à implanter leurs filiales dans des pays étrangers afin d'assurer leur développement et de limiter les risques liés à leurs activités. En effet, même si « la mondialisation est en train de transformer notre monde en un village global »1(*), l'internationalisation permet, dans unecertaine mesure, de répartir les risques à travers le globe et s'assurer une certaine stabilité. Ce calcul a poussé certaines entreprises japonaises à se développer hors du marché intérieur, aux États-Unis et en France entre autre. C'est le cas notamment de BOOKOFF, entreprise japonaise qui sera utilisée dans ce dossier pour illustrer ce processus d'internationalisation et les problèmes qui peuvent endécouler.
BOOKOFF est une société qui a connu un succès remarquable au Japon avec son concept de rachat et de revente de livres. BOOKOFF est souvent cité comme une des seules sociétés ayant pu croître pendant la période de stagnation qui a suivi l'explosion de la bulle économique des années quatre-vingt-dix. En 2004, elle entreprit d'ouvrir une boutique à Paris, après déjà plusieurs succèsaux États-Unis2(*). Cette entreprise continue de faire parler d'elle au Japon depuis qu'en 2007, Mayumi Hashimoto, une ancienne femme au foyer sans qualification particulière, qui y était entrée 17 ans auparavant dans le cadre d'un arubaito3(*) ait été placée à la tête de la société4(*). Enfin, les pratiques managériales de cette entreprise sont particulièrement faciles à étudier car elles sontsimples ; cette dernière ne gère pas un circuit de production, mais elle se limite à offrir un service de rachat et de vente.
D'un point de vue méthodologique, ces recherches sont basées d'abord sur quelques ouvrages majeurs sur le management interculturel (en particulier celui de Olivier Meier5(*), et Fons Trompenaars et Charles Hampden-Turner6(*)), sur le management japonais à l'étranger (enparticulier celui de Nishiyama Kazuo7(*)) et évidemment sur des ouvrages de BOOKOFF (en particulier celui de la présidente de BOOKOFF, Hashimoto Mayumi8(*)). Pour enrichir ces recherches, nous avons procédé à l'interview du directeur de BOOKOFF France, M. Yoshinaga Toshihiko, le 22 Avril 2009 et à l'interview de trois employés qui ont désiré garder l'anonymat et qui seront donc appelés Monsieur,Madame et Mademoiselle A.
L'internationalisation des entreprises n'est pas sans conséquence. Le Japon aux yeux des Occidentaux reste un pays rempli de contradictions et les Japonais ne comprennent toujours pas pourquoi les Occidentaux se croient toujours tenus d'être aussi logiques9(*). Forts de leurs positions de deuxième économie mondiale, les acteurs économiques japonais doivent adapter àcontrecoeur leurs pratiques managériales pour pouvoir gérer des salariés locaux, en accord avec leur culture et leur droit du travail. En effet, chaque culture, pays et région ayant ses particularités, les principes de F.W. Taylor ou de H. Fayol, père du management occidental il y a deux siècles sont en réalité le fruit de la culture politique, voire religieuse, occidentale et par conséquent nepeuvent s'appliquer uniformément à chaque culture10(*) . En d'autres mots, la France et le Japon, ayant une culture différente, ont forcément des divergences dans leurs manières de manager. Depuis les années 80, ces différences culturelles dans le management ont donné naissance à une nouvelle discipline appelée le management interculturel. Nous définirons ce que sont globalement le management et lemanagement interculturel dans la première partie.
Afin de mieux comprendre comment BOOKOFF tente de s'adapter à la culture française, nous devons absolument connaître la culture d'entreprise de BOOKOFF. En effet, il ne serait pas possible de comprendre la manière de fonctionner des points de vente en France sans savoir comment leurs homologues japonais s'organisent dans leur contexte...
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