Mesure et gestion du risque de contrepartie bancaire

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Le G20
et la réglementation bancaire
JeanLuc
Baslé
pour le groupe de travail régulations financières
d’Héritage&Progrès
La crise économique et financière a placé le secteur bancaire dans l’oeil du cyclone. Les faillites ou
quasi faillites de maisons aussi prestigieuses que Bear Stearns et Lehman Brothers aux EtatsUnis
ou Fortis en Europe appellent à une refonte de la réglementationbancaire. Les études et suggestions
d’organismes publics et privés ou d’universitaires se sont multipliées ces derniers temps. Aussi,
nous estil
paru utile de faire un point sur les propositions avancées pour dégager les grandes lignes
de ce que pourrait être la réforme bancaire. Cette analyse est basée sur le Rapport de Larosière écrit
à la demande de la Commission européenne, le Turner Reviewpréparé par le Financial Services
Authority en GrandeBretagne
ainsi qu’un projet de réforme du Trésor américain et plusieurs
discours de Ben Bernanke, gouverneur de la Federal Reserve Bank (Fed). Nous avons également
consulté le rapport du Groupe des 30, présidé par Paul Volcker, ancien gouverneur de la banque
centrale américaine.
L’examen de ces documents révèle une dichotomie entre desinstitutions financières internationales
toujours plus puissantes et des autorités de tutelle aux capacités d’intervention limitées au territoire
nationale. La réforme bancaire ne peut donc s’envisager que dans le cadre plus large du système
monétaire international. Dans cet ensemble plus vaste, trois éléments jouent un rôle crucial : le
marché, la liquidité et les mouvements de capitaux. Les marchésfinanciers créent la liquidité qui
ellemême
génère les mouvements de capitaux. La stabilité des marchés au niveau national – objet
même de la réforme – implique une même stabilité au niveau mondial. C’est l’objet du système
monétaire international. Il est la clé voûte de l’ensemble. Les rapports de Larosière et Turner en
sont conscients et proposent la création d’instances internationales.Mais il faut aller plus loin et,
concomitamment à la réforme bancaire, refondre le système monétaire international.
Cette note est divisée en trois parties : la première décrit les projets européen, anglais et américain,
la seconde en fait une analyse critique, la troisième esquisse une ébauche de réforme bancaire dans
le cadre d’un système monétaire international rénové.
I – Résumé desprojets
Origine et nature de la crise
Pour être viable, la réforme bancaire doit prendre en compte l’origine et la nature de la crise. La
crise a trois causes principales : des politiques économiques contestables de la part de pays comme
les EtatsUnis
et la Chine, la déréglementation et le relâchement de la supervision bancaire qui en a
résulté, et l’irresponsabilité des banquiers doublée d’uneavidité peu commune. Une foi
inébranlable en la rationalité des marchés et leur capacité à s’autodiscipliner
explique ces
errements.
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Les causes de la crise lui donnent une coloration spécifique. Elle est de nature systémique, procyclique
et "géoglobale".
Son caractère systémique tient à ce qu’elle touche tous les acteurs
financiers : les banques, lesfonds d’investissements, les assureurs et les marchés. Personne dans la
sphère financière n’échappe à son emprise. Sa nature procyclique
lui vient des marchés. Ainsi, par
exemple, à mesure que les prix de l’immobilier s’effondrent, les banques cherchentelles
à se
défaire de leurs investissements dans ce secteur ce qui a pour effet de pousser les prix davantage à
la baisse. La réglementationajoute à ce caractère procyclique
en obligeant les banques à respecter
des ratios de capitalisation. S’instaure alors un cercle vicieux qu’il est difficile de briser. Enfin, la
crise est "géoglobale"
en ce sens que née aux EtatsUnis
dans un environnement bien particulier,
elle s’est rapidement propagée à la planète entière.
Le marché est au coeur de la crise. Il s’affranchit des frontières...
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