Michaux

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André Durand présente

Henri MICHAUX

(Belgique-France)

(1889-1984)

[pic]

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres
qui sont résumées et commentées
(surtout ‘’Ecuador’’, ‘’Un barbare en Asie’’, ‘’Le Grand Combat’’
et ‘’Contre !’’ qui font l’objet de fichiers particulier).

Bonne lecture !
Henri Michaux est né le 24 mai 1899 à Namur «dans unefamille bourgeoise» à la «lointaine ascendance espagnole, hollandaise et allemande», plus directement ardennaise et wallonne, une famille de chapeliers aisés qui avait connu une ascension sociale rapide, vivant à Bruxelles, au 69 rue Defacqz. Né fatigué, fragile, souffrant de tachycardie, son cœur, frêle, pompant mal, anémique (il allait noter que son sang n’était «pas fou d'oxygène»), mal àl’aise dans sa peau, refusant de manger, de s’intéresser à quoi que ce soit, il allait regretter d’avoir eu, à Bruxelles, au côté de son frère, Marcel, son aîné de trois ans, une enfance nue, triste et froide, «qui n'a pas eu son compte», où il fut privé de jeu avec «le sable des plages». Son existence allait être déterminée par cette déficience. De là date ce qu'il nomma son «sens du manque» : «J'aisept ou huit sens. Un d'eux : celui du manque» (‘’Ecuador’’).
De plus, rêveur, détestant son nom (il devait le trouver trop tiède !), ne s'aimant pas, se trouvant «belge comme ses pieds», éprouvant de précoces souffrances de l'âme, il «boudait la vie», refusait cette existence opaque et lente. Il disait avoir eu une «nature de gréviste», être en proie à cette «indifférence», à cette «résistance»qu'il montra toute sa vie. Il émigra très tôt de lui-même, ressentant une indéfectible révolte contre l'hostilité d'un «monde étrang!é, ventre froid», se retranchant et s'organisant «contre», pour citer le titre d'un futur poème. Il confia, dans ‘’Quelques renseignements sur cinquante-neuf années d'existence’’, que «sa façon d'exister en marge […] fait peur ou exaspère», et, dans ‘’Tranches desavoir’’, prétendit avoir rêvé, à l’âge de huit ans, «d'être agréé comme plante».
Cet «insoumis» irréductible, qui concentrait «indifférence, inappétence, résistance....», qui était révolté contre son milieu familial (il allait déclarer : «J'aurais tant désiré avoir un père» [‘’Ecuador’’]) et : «Mère m'a toujours prédit la plus grande pauvreté et nullité» [‘’Mes propriétés’’]), on s'efforça de lebriser en I'envoyant, prétendument pour qu’il retape sa santé, à l’âge de sept ans, dans le pensionnat «pauvre, dur, froid» Van der Borgt, à Putte-Grasheide, dans la Campine. Il y fit ses classes en flamand parmi de petits paysans. Ne frayant pas avec eux, il y connut des années de solitude, de repli, y continua sa résistance passive en refusant violemment tout ordre extérieur, éprouvant déjà dessentiments qui allaient le hanter longtemps : honte «de ce qui l'entoure, de tout ce qui I'entoure […] mépris aussi pour lui-même et pour tout ce qu'il connaît jusqu'à présent». Des appuis, alors, l'auraient peut-être aidé, mais ils ne vinrent pas. Cependant, il raconta qu’à l’âge de douze ans un combat de fourmis le rattacha au monde.
Revenu en 1911 à Bruxelles, il y poursuivit des études chez lesjésuites du collège Saint-Michel, où il eut pour condisciples en particulier Geo Norge (poète avec lequel il se lia d'amitié sans, cependant, qu’ils échangent de vers), Herman Closson (futur dramaturge) et Camille Goemans (futur écrivain et galeriste). La «première composition française» fut «un choc pour lui qui a fait ses études en flamand». Il dit avoir fait alors la «découverte du dictionnaire,des mots qui n'appartiennent pas encore à des phrases, pas encore à des phraseurs, des mots et en quantité et dont on pourra se servir soi-même à sa façon». Lui, l'«inintéressé», s'intéressa au latin, «belle langue qui le sépare des autres, le transplante ; son premier départ... le premier effort qui lui plaise». Il se passionna pour l'écriture chinoise, l'ornithologie et l'entomologie....
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