Michel aglietta

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Fiche de Lecture
Michel Aglietta, La Crise (2008)
Michel Aglietta est professeur de sciences économiques à l’université Paris-X et consultant au Cepii et à Groupama
Asset Management.
L’ouvrage s’articule en onze questions :
1- La crise est-elle un phénomène inhérent à l’économie de marché ?
Par l’étude de l’Histoire de la finance, Charles P. Kindleberger montre le caractère cyclique del’économie de marché,
constitué de plusieurs phases dont la crise, qui intervient lorsque l’engouement économique a atteint son paroxysme.
M. Aglietta explique ce phénomène en reprenant l’analyse de JM Keynes : L’instabilité financière est inhérente à
l’économie de marché parce que les prix sur les marchés d’actifs ne se forment pas de la même manière que les prix
des biens ordinaires :
- Sur lemarché des biens ordinaires, l’accélération de la demande provoque une hausse des prix, que le
consommateur va suivre dans un premier temps, puis refuser au fur et à mesure que le prix augmente, ce qui
entraine nécessairement un tassement des prix. Il ya donc une certaine autorégulation de la valeur des produits.
- Sur le marché financier, les actifs sont des éléments de valorisation de larichesse. Plus un actif est cher, plus il sera
demandé, et plus sa valeur augmentera : « Le prix des actifs est fonction de l’anticipation de leur augmentation si
bien qu’ils attirent toujours plus d’acquéreurs ». La seule exigence de l’actif est qu’il s’auto-valorise, donc la
croissance du prix d’un actif est théoriquement infinie. Le prix n’est pas ici une barrière ou un élément de régulation.L’équilibre financier est donc impossible, et de ce fait l’instabilité est intrinsèque au capitalisme financier.
De plus, le crédit est intimement lié au marché des actifs, l’actif ici sert de gage de confiance : un engouement du
crédit provoque forcément une augmentation des actifs. C’est en cela que s’explique la crise immobilière actuelle et
la crise de la bulle internet en 2000.
2- Pourquoin’a-t-on pas vu venir cette crise et ne l’a-t-on pas prévenue ?
Le rapport crédit/richesse est un indicateur de la santé économique. Lorsque le crédit croît plus vite que la richesse
d’un pays, cela veut dire qu’il est motivé par une anticipation de la valeur d’un patrimoine, qui débouche
nécessairement à une crise. L’alarme n’a pas été donnée parce que l’élément de calcul du rapport crédit/richesse achangé (nouvelles normes comptables IFRS).Ainsi la juste valeur des actifs possédés par une banque est établie par
l’estimation de leur valeur de marché. Dans cette optique, comme la valeur des actifs croît plus rapidement que le
crédit, « la dette des acquéreurs d’actifs va paraitre faible, puisqu’elle est garantie par les actifs dont la valeur croît
plus vite que la dette ». Les risquessont cachés, aussi bien aux analystes économiques qu’aux banquiers eux-mêmes,
ce qui peut conduire à toute sorte d’excès sans que personne ne s’en aperçoive.
3- Quelles sont les caractéristiques de cette crise ?
L’ingénierie et les montages financiers n’ont jamais été aussi complexes et diversifiés pour transférer et réduire les
risques du crédit. Trois outils principaux ont été mis en place versla fin des années 1990 :
- De nouvelles normes comptables « market to market », précédemment cités en 2°
- Les CDS (Credit Default Swap) : échange entre un vendeur et un acheteur de protection ; l’un vend le risque d’un
crédit à l’autre, moyennant des primes périodiques. Tant que l’emprunteur honore sa dette, l’acheteur de risque
gagne beaucoup d’argent, mais si l’emprunteur vient à fairedéfaut, l’acheteur de risque doit rembourser en capital la
valeur du prêt. La banque vendeuse, quant à elle, se débarrasse du risque de son crédit, et peut libérer la somme
qu’elle garde en réserve pour renflouer le capital si la dette n’est pas honorée. Ce capital libéré permet de prêter à
d’autres. La valeur de ces produits dérivés du crédit est estimée à 62 000 milliards de dollars....
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