Note de lecture "tools of empire"

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  • Publié le : 3 mai 2010
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Blanchet Julien
Conférence, N. Baya Laffite, Sciences, Techniques et Politique

Fiche de lecture :

The Tools of Empire :
Technology and European Imperialism in the Nineteenth Century

Daniel R. Headrick

L'auteur, son positionnement, sa démarche :

Daniel Headrick est professeur à la Roosevelt University à Chicago. Il enseigne en tant que Professeur émérite de « Social Sciences andHistory », et son champ de recherche se concentre principalement sur l'impact de l'apparition de nouvelles technologies entre le XVIIIe et le début du XXe siècle.

Dès l'introduction de son ouvrage, Headrick introduit une distinction entre Histoire de la technologie et Histoire sociale de la technologie. Dans le premier cas, l'historien se contente d'accumuler des données, des faits, desimages, juxtaposant des objets mais ne questionnant jamais leur origine, les causes et les conséquences des technologies, leur impact. A l'inverse, il se pose comme historien social de la technologie en cherchant à mettre en perspective la technique dans un contexte politique, économique et social.
Dès lors, il se livre à une critique des historiens « classiques » du XIXe siècle et du colonialisme àcette période. Pour lui, la plupart d'entre eux n'ont pas su comprendre la place des innovations techniques au cours de ce siècle dans le processus d'impérialisme européen. Il explique cette absence de la technologie dans les travaux de ses collègues par plusieurs raisons.
D'abord, parce que les deux faits majeurs du XIXe siècle, la colonisation et la révolution industrielle, ont été étudiés defaçon distincte, comme s'ils étaient indépendants. Les innovations technologiques, « sous produit » de la révolution industrielle, ne sont donc pas rentrées dans le champ d'analyse des historiens de la colonisation.
Par ailleurs, la conception traditionnelle de l'histoire chez les occidentaux est, selon Headrick, fondée sur l'idée que l'Homme est au cœur de l'Histoire, et que cette dernièrerésulte du fruit de leur pensée et leurs décisions. Dire que la matière, l'objet, l'outil ait pu jouer un rôle central, ou fut du moins nécessaire, revient à remettre en cause la centralité de l'Homme dans le processus historique.
L'auteur propose ainsi de voir la colonisation comme résultant de deux facteurs : les motifs, ou motivations (« motives »), et les moyens, les ressources (« means »). Unéquilibre entre ces deux facteurs est nécessaire pour qu'une entreprise coloniale puisse aboutir. En somme, une volonté politique forte ne peut aboutir si elle ne dispose pas des moyens nécessaires pour aboutir, et inversement, disposer de la technologie ne sert à rien si aucune volonté (économique, militaire, etc.) ne viendra donner une application à la technologie. L'auteur analyse alors lesinteractions existantes entre l'un et l'autre des facteurs : comment l'apparition d'une technologie réveille des volontés politiques, et comment une volonté politique permet d'accélérer l'apparition de la technologie. Headrick met ainsi en valeur ce balancement permanent entre volonté et moyens.

La technologie, au cœur de toutes les étapes de l'expansion coloniale :

D'après les historiens, lacolonisation d'une zone géographique passe nécessairement par 3 étapes. D'abord, il est nécessaire d'explorer et de s'introduire en profondeur dans le territoire. Ensuite, il convient de conquérir ce territoire, et de le dominer par la force. Enfin, pour que ce territoire puisse être exploiter et être rentable pour le colonisateur, celui-ci doit tisser des liens étroits entre la métropole et lacolonie.
A chacune de ces étapes, Headrick identifie plusieurs technologies ayant jouées un rôle clé, et fait la typologie de ces outils :
les outils de pénétration des territoires
les outils de conquêtes
les outils de communication

1 les outils de pénétration des territoires :

1 Le bateau à vapeur et les « gunboats »

Inventé au début du XIXe siècle, le bateau à vapeur eut du mal à se...
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