Notes et explications de "improbable et autres essais" de yves bonnefoy

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  • Publié le : 20 mars 2011
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Yyes Bonnefoy, L'improbable et autres essais.

Les tombeaux de Ravenne :

« Je comparais l'ornement au concept. Le concept peut nier la mort parce qu'elle est, aussi bien, ce qui échappe à son abstraction. Le concept s'accomplit dans la pensée « cohérente ». Le système est l'achèvement d'une digue contre la mort. »
→ Bonnefoy critique l'usage des concepts qu'il compare au désir de fuir : « Je constate au-delà de la pensée cohérente que le moindre concept est l'artisan d'une fuite. »
« L'ornement, ai-je cru, recherche l'universel. L'oiseau formé dans le marbre est à son modèle ce que le concept est à l'objet, une abstraction qui n'en retient que l'essence, un éternel adieu à la présence qu'il fut. »

« Si rien n'est moins réel que le concept, rien ne l'est plus que cette allianced'une forme et d'une pierre, de l'exemplaire et d'un coprs : rien ne l'est plus que l'Idée risquée ».

« Il y a dans l'homme conceptuel un délaissement, une apostasie ( posture d'un individu qui renonce publiquement à une religion ou un dogme) sans fin de ce qui est ».

« La poésie aussi est cette recherche, elle n'a de souci qu'en ce point du monde que je pressens, elle prépare et traduit cemonument de l'éloquence physique, où paraitra le jour qu'elle désire, partout ailleurs enseveli... Poésie et voyage sont d'une même substance, d'un même sang, je le redis après Baudelaire, et toutes les actions qui sont possibles à l'homme, les seules peut-être utiles, les seules qui ont un but.
Je me suis égaré, si tant est que la vérité que j'appelle contredise de tels arguments.
J'opposaisd'ailleurs au concept la réalité du sensible, c'est déjà reconnaître la vertu de l'égarement. Je découvrais dans Ravenne l'affleurement d'un autre règne.
Pourquoi des lignes sont-elles belles ? Pourquoi la vue d'une pierre apaise-t-elle le coeur ? A peine si le concept parvient à formuler ces questions qui sont les plus importantes. Il n'y a jamais répondu. »

« Affirmer tel est mon souci »
« Ilfaut que la parole, ce sixième et ce plus haut sens, se porte à sa rencontre et en déchiffre les signes [les signes du monde sensible] ».

« Ou si l'on veut j'aurai décrit un théâtre. Car le monde sensible n'est que la scène d'une action qui commence. Et c'est par intuition de ce cri toujours à venir que les hommes ont inventé l'architecture ; par intuition de la valeur sacrificielle d'unlieu. »
« Qu'est ce que le sensible en vérité ? Je l'ai dit une ville, parce que la pensée néglige que l'être est dans l'apparence et que l'apparence est somptueuse et par conséquent une hantise, même celle des ruines, des choses les plus humbles, du chaos. Mais ce qui fait le départ du sensible et du conceptuel, ce n'est pas la simple apparence. L'objet sensible est présence. […] Il est ici, il estmaintenant . »
« Qu'est ce que la présence ? Cela séduit comme une oeuvre d'art, cela est brut comme le vent ou la terre. Cela est noir comme l'abîme et pourtant cela rassure. Cela semble un fragment d'espace parmi d'autres, mais cela nous appelle et nous contient. Et c'est un instant qui va mille fois se perdre, mais il a la gloire d'un dieu. Cela ressemble à la mort... […] C'est l'immortalité. »« La pierre est une liberté qui se lève. »
« Voici la grande pierre servante, sans laquelle tout eût péri dans la misère et l'horreur. Voici la vie qui ne s'effraie pas de la mort (ici je parodie Hegel) et qui se ressaisit dans la mort même. Il faut pour les comprendre un autre langage que le concept, une autre foi. Le concept se tait devant elles comme la raison dans l'espoir. »

Les Fleursdu Mal.

« Je me demande pourquoi la vérité de parole a paru dans les Fleurs du Mal. […] Une autre voix que la sienne, éloignée dans sa propre voix, s'accorde à celui qui parle. ».
« Baudelaire à fait ce pas improbable. Il a nommé la mort. »
« Mais parfois la poésie s'est trop déchargée de sa science et de son devoir pour qu'un simple exercice spirituel y soit encore possible. Trop de...
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